samedi 12 janvier 2019

Les Déplorables




Les gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel, ce n'est pas la France du XXIe siècle que nous voulons.
Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement (octobre 2018)

Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière.
Jean-Baptiste Carrier, député (1793)

Que les policiers se servent de leur arme une bonne fois, ça suffit !
Luc Ferry, philosophe, ancien ministre (8 janvier 2019)

Plus on avance vers le socialisme, plus la lutte des classes moribondes est acharnée.
Staline (1950)



Les charlatans ont encore frappé. Et ils ont tout cassé. Ils ont détruit, pillé, brûlé, ravagé. Ils ont plongé la Ville Lumière dans les ténèbres. Outragé sa splendeur par leur passion de la laideur. Ils ont laissé cette ville glorieuse exsangue et en lambeaux. Paris était une fête ; ils en ont fait une loque.

Nous avons l'habitude de ces charlatans. De ces antifascistes aux méthodes de fascistes. De ces grands tolérants qui ne tolèrent qu’eux-mêmes. De ces barbares qui s'imaginent l’avant-garde d’un monde meilleur. De ces casseurs qui se prennent pour des bâtisseurs.

Tout est factice chez ces gens vides. Tout est absurde. Idiot. Incohérent. Mais ils ne le savent pas.
Le chaos mental qui règne entre leurs oreilles leur épargne une cruelle prise de conscience de leur vacuité. Rebelles des beaux quartiers, anarchistes bourgeois, fascistes antifascistes, et cogneurs pacifistes : leur existence est une litanie d’impostures. La dernière en date ? Se déguiser en « Gilet jaune » pour infiltrer les manifestations d'un peuple avec lequel ils ne partagent rien, et profiter de la confusion pour assouvir leurs pulsions destructrices.

De même qu’il n’y a pas plus fasciste que ces antifascistes, il n’y a pas moins Gilet jaune que ces escrocs en gilet jaune. Petits bourgeois ineptes en quête d’adrénaline, ces Robespierre de bac à sable sont l’exacte antithèse sociologique et idéologique des Gilets jaunes : ils sont la France aisée, la France des beaux quartiers qui, pour donner du relief à sa vie insipide, s’invente des engagements, des causes à défendre, des révolutions à mener. C’est la France infantile, qui vit dans des chimères ; la France pourrie gâtée, dont le psychisme puéril est dominé par le principe de plaisir et le sentiment de toute-puissance qu’on ne trouve normalement que chez les enfants en bas âge.

Rien de commun, donc, entre ces sales gosses colériques, et la France des Gilets jaunes. Rien de commun entre les chimères de Grand soir qui s'agitent dans le « cerveau » de ces crétins nerveux, et le sens des réalités qui régit ce peuple adulte. Rien de commun entre l'exhibitionnisme éperdu de ces faux rebelles (et vrais bourgeois), et la modestie, la discrétion, la common decency de ces gens qui endurent en silence, depuis des décennies, les conséquences de la mondialisation hideuse.

Entre l’indécence de ces casseurs criards, qui ne veulent que détruire, et le bon sens de ce peuple en gilet jaune, qui voudrait juste vivre, il n’y a pas un atome de ressemblance. Les premiers saccagent et s'autocélèbrent, en toute obscénité ; les seconds voudraient seulement qu’on respecte leur dignité.

Une dignité mise à mal par l’offensive inouïe menée contre les peuples d’Occident par la triple alliance des droits de l’homme, du marché et des médias. Une triple offensive économique, idéologique et civilisationnelle contre les beaufs, les ringards, les déplorables, les sans-dents et tous ces gens qui ne sont rien. Et doivent donc disparaître. A terme, physiquement ; en attendant, médiatiquement.

Ces Gilets jaunes sont l'angle mort de la mondialisation heureuse. Les victimes invisibles d'une phobie qui, en quarante ans, a fait incommensurablement plus de dégâts que toutes les autres phobies réunies.
Les élites occidentales, en effet, ne cessent de cracher sur les peuples, de les dénigrer, de les insulter, de leur prêter toutes les phobies possibles et imaginables : pour ces grands philanthropes, ces parangons de bienveillance et de compréhension, les peuples occidentaux seraient racistes, antisémites, sexistes, spécistes, machistes, xénophobes, islamophobes, homophobes, gouinophobes, queerophobes et pédophiles.
Outre que ces imputations procèdent sinon d’une haine, du moins d'un racisme social assez étonnants chez des gens qui ne cessent de proclamer leur amour de la diversité et leur attachement à la tolérance, elles passent sous silence la propre phobie de ces derniers. Cette phobie ravageuse, qui est la phobie essentielle de notre temps. Cette phobie qui peuple le cerveau des élites occidentales et détruit le monde depuis quarante ans. Cette phobie qui, au profit d’une infime minorité, suscite pour l’immense majorité déclassement économique, mal-être identitaire, violences communautaires. Cette phobie dont on ne parle jamais, et qui est le seul véritable fléau de notre époque. Cette phobie qui a pris les commandes jusque dans les plus hautes instances internationales, et qu’il faudra neutraliser si nous voulons avoir une chance d’enrayer le cauchemar dans lequel elle précipite la planète.
Cette phobie, c’est la phobie des frontières. Donc la phobie des différences — puisque celles-ci ne peuvent exister sans celles-là. Cette haine des frontières, cette haine des différences, nous l’appellerons frontièrophobie.

Nos élites sont frontièrophobes. Pas pour elles, bien sûr, puisqu’elles vivent et vivront de plus en plus méthodiquement séparées du chaos qu’elles provoquent ; ce sont d’ailleurs, d’ores et déjà, bien plus que des frontières que nos élites érigent pour vivre entre semblables (tout en promouvant le vivre-ensemble) : ce sont des barricades. Nos élites barricadées chérissent les frontières pour elles-mêmes, et les haïssent pour les autres. Elles cultivent un entre-soi inouï, mais exhortent les peuples à la mixité ; ces peuples qu’elles jettent sans remords dans le bain glacé de la mondialisation et regardent mourir en les engueulant si, par malheur, leurs cris de désespoir viennent troubler le sommeil de leur compassion.

Nos élites sont frontièrophobes. Pour la plupart, moins par méchanceté que par ignorance. C'est en effet bien souvent parce qu'elles sont incultes que nos élites ne comprennent pas la différence entre un musulman et un chrétien. Qu'elles considèrent les peuples non pas comme les dépositaires d'une histoire, d’une culture, d'une civilisation, mais comme des troupeaux de consommateurs sans âme ni racines. Qu'elles voient dans les pays non pas des héritages à préserver, mais des marchés à faire converger (comme elles disent dans leur charabia atroce). Nos élites sont ignares. Donc hermétiques aux concepts de religion, de civilisation, d’Histoire. Cela dit, leur obscurantisme ne saurait les exempter de leur culpabilité. D'une part car avec leur gros cerveau elles pourraient, si elles le voulaient, apprendre que la planète n'est pas qu'un marché, et que l'humanité existait avant l'iPhone et Instagram. D'autre part car Baudelaire l'a dit, qui a toujours raison : « L'ignorance fait des fléaux plus grands que la méchanceté. »

Et puis il y a, chez nos élites frontièrophobes, des personnes authentiquement, délibérément méchantes. Cruelles. Des enragées qui pour des raisons d'ordre psychologique, idéologique et, très souvent, religieux, détestent l'Occident (en tant que fils du christianisme, même amnésique, même indigne). Ces furies ont bien compris que l'abolition des frontières était le moyen le plus sûr de dissoudre l'Occident. Et de faire souffrir ceux qui l'incarnent encore. De les tourmenter un maximum, de les châtier férocement non pour ce qu'ils font, mais pour ce qu'ils sont.

Il s'agit, pour ces sadiques, de punir les Occidentaux d'être occidentaux.

Dans cette catégorie entrent bon nombre « d'intellectuels », de « penseurs », d'universitaires, d'éditorialistes, de chercheurs, ainsi que leurs métastases associatives : tous ces groupuscules antiracistes, gay-pridistes, féministes, multiculturalistes et droits-de-l'hommistes nés comme par hasard au moment où triomphait le sans-frontièrisme, et dont l'activité se résume à terroriser l'homme occidental. A l'empêcher de s'exprimer sur les extrordinaires traumatismes qu'il subit. A l'intimider, à le saturer de complexes, à le menacer pour qu'il n'ose plus rien dire face à l'entreprise d'extermination dont il est l'objet.

Car la frontièrophobie est une entreprise d’extermination. Des frontières, puis des peuples dont elles sont les garantes.

C’est la frontièrophobie qui a mis en concurrence directe des ouvriers de France avec des esclaves de Chine, sans barrière douanière pour compenser les colossales disparités de coût du travail. La suite était écrite : délocalisations de l'appareil productif vers les pays les moins chers ; donc chômage de masse ; donc fiscalité de masse — pour financer le chômage de masse. Donc Gilets jaunes.

C’est la frontièrophobie qui a accouché d’un fantasme de monnaie unique appelé « euro » ; une monnaie affectée à vingt pays dans un déni total de leur diversité, de leurs différences d’histoire économique, de système éducatif, de tissu industriel, de spécialisations productives. La suite était écrite : effondrement de la compétitivité des pays pour lesquels cette monnaie est inadaptée ; puis chômage de masse ; puis fiscalité de masse — pour financer le chômage de masse. Puis Gilets jaunes.

C'est la frontièrophobie qui a déraciné des millions d'hommes et de femmes du continent africain pour les faire venir en France afin que, par leur nombre et leurs faibles exigences de revenus, ils exercent une pression baissière sur les salaires — comme une sorte de délocalisation à domicile pour les emplois qui, au grand dam du grand patronat, ne pouvaient être délocalisés. La suite était écrite : déflation salariale ; difficultés croissantes à vivre de son travail ; apparition du phénomène des travailleurs pauvres. Donc des Gilets jaunes.

C’est la frontièrophobie qui a fait venir des millions de musulmans en France, sans exigence d’assimilation — puisque dans « l’esprit » d’un frontièrophobe, il n’y a ni histoire, ni civilisation, ni religion, ni peuples ; seulement de vagues zombies sans racines ni passé, flottant au gré des propagandes et des publicités. La suite était écrite : halalisation des banlieues ; émigration des Français de culture française vers la France périphérique ; grande dépendance de ces derniers à la voiture (les banlieues halal étant, elles, connectées aux centres-villes par les transports en commun) ; donc grande attention de ces derniers aux prix du carburant. Donc Gilets jaunes.

C'est la frontièrophobie qui rebaptise les clandestins « réfugiés », et réclame que ces étrangers qui violent la loi soient traités comme les nationaux qui la respectent. La suite est écrite : mise en place, par l'Etat frontièrophobe, de politiques d'accueil de ceux qui contreviennent à ses propres lois ; financement desdites politiques par les citoyens sans histoires (autrement dit, les obéissants subventionnent les contrevenants) ; fiscalité de masse appliquée à ces derniers. Donc aux Gilets jaunes. Lesquels, bonus, se font insulter, tabasser, violer, et à présent poignarder, écraser et kalachniker par ces contrevenants à la loi française qu'ils entretiennent à grands frais...

Toutes ces choses sont infâmes. Iniques. Répugnantes d'injustice.
Mais elles sont très logiques.
Il faut bien comprendre, en effet, que dans l'Occident nouveau que construisent nos bons maîtres, certaines catégories n'ont pas leur place. Que pour des raisons à la fois économiques, idéologiques, et civilisationnelles, certains types d'Occidentaux sont voués à disparaître. Notre Président — garant de nos belles valeurs d’Egalité et de Fraternité — parle d'or quand il évoque les gens qui ne sont rien. Il existe en effet, pour nos élites droits-de-l'hommistes et féministes, des femmes, et des hommes, qui ne sont rien. Des femmes, et des hommes, dont l'existence est au mieux un non-sujet, au pire une présence importune. Le nouvel ordre économique n'a pas besoin d'eux ; leur esprit est hermétique au catéchisme antiraciste, aux évangiles gay-friendly et à la bigoterie féministe ; ils incarnent encore, quoique de façon très imparfaite, l'Occident millénaire, avec sa sociabilité, son art de vivre, son esprit, son humour, et surtout sa conception des rapports entre hommes et femmes. Pour toutes ces raisons, ces dinosaures sont hors-sujet. Ils font tache sur la photo de famille de l'Occident nouveau. Et se voient donc, progressivement, poussés vers la sortie. Une sortie à la fois symbolique, et physique. Mentale, et géographique.
Il y a longtemps, en effet, que ces hommes et ces femmes obsolètes (ces « gens du passé », aurait dit Staline) sont sortis de l'univers mental de ceux qui façonnent le monde. Des discours des médiatiques. Des représentations des journalistes. Des préoccupations des politiques. Du champ de recherche des « artistes » et des « intellectuels ».
Dans l'imaginaire des classes dominantes, « classes populaires » signifie « immigrés » ; et « quartiers populaires » signifie « banlieues ». Les peuples autochtones, eux, sont comme évaporés. Ils sont majoritaires ; mais ils n'existent pas. Car l'avenir n'a pas besoin d'eux. L'avenir a besoin qu'ils meurent. Nos élites humanistes, égalitaires et fraternelles l'ont décidé : l'avenir se fera sans ces ploucs, ces beaufs, ces ringards, ces déplorables, ces gens qui ne sont rien et, crime suprême, ne pensent pas printemps. Comme l'a dit le gringalet Griveaux, petit marquis pédant bien représentatif de ces humanistes abstraits : « Les gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel, ce n'est pas la France du XXIe siècle que nous voulons. » Rappelons, pour détendre l'atmosphère, que la décision, par le pouvoir, qu'une partie de la population qu'il est chargé de gouverner n'a pas sa place dans la société à venir, constitue la première étape d'un génocide.

Ce rejet inouï, cette exclusion sans précédent de tout un peuple (répétons-le, par des gens qui se proclament tolérants et n'ont que les mots solidarité, fraternité et diversité à la bouche) ne se révèlent pas uniquement dans l'extraordinaire mutisme qui entoure les conditions d'existence de celui-ci. Ce rejet inouï, cette exclusion sans précédent ont aussi leur traduction géographique. Le peuple des déplorables se trouve en effet repoussé, comme un tas de lépreux (mais n'est-ce pas Macron qui parlait de lèpre populiste ?), dans la « France périphérique », expression due à Christophe Guilluy et qui exprime de manière éloquente la nouvelle donne géographique induite par la frontièrophobie.

La ruine progressive, depuis quarante ans, des secteurs de production primaires et secondaires — à la faveur du saint libre-échange sans frontières et de ses bienfaisantes délocalisations — a appauvri, puis chassé leurs employés des centres-villes, remplacés par les bobos, communicants, start-upers et autres winners de la tertiarisation de l’économie. Une fois réfugiés en banlieue, et à peine remis de ce premier effet frontièrophobie, ces exilés n'ont pas tardé à découvrir le deuxième effet frontièrophobie : l'arrivée massive d'immigrés en provenance d'une civilisation qui, depuis sa naissance, combat l'Occident. De façon plus ou moins sanglante, plus ou moins latente, selon les époques ; de façon permanente depuis 1 400 ans. Et il ne peut en être autrement : l'antagonisme entre islam et Occident relève du désaccord fondamental. De l'opposition de principes. Aucune harmonie n'est possible entre des conceptions aussi opposées de l'existence, de l'art, de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de l'homme, et, surtout de la femme... Toute l'Histoire le démontre, même et surtout l'Histoire contemporaine : l'anthropologie musulmane est incompatible avec l'anthropologie née à Athènes, à Jérusalem et à Rome, et qui irrigue l'Occident depuis des millénaires.
Cela, nos exilés le comprirent. Très vite (les bobos, eux aussi, le comprendront bientôt ; avec quarante ans de retard sur ces gens qu'ils traitent d'arriérés). Alors, ils reprirent leur exode. Le terme « exode » n'est pas excessif : nous parlons là de dizaines de millions de Français, nous parlons là de la majorité des Français forcés de fuir devant de nouveaux arrivants. Nous parlons de tout un peuple progressivement chassé de son propre pays. Et sommé de se taire. De mourir en silence. Et, tant qu'il n'est pas encore crevé, de payer toujours plus pour subventionner ce peuple qui va le remplacer.
Vous trouvez que je délire ? Que j'exagère ? Eh bien analysez attentivement dans la poche de qui l'Etat prend ses recettes, et dans les mains de qui il les reverse. Et puis demandez-vous, en prolongeant la situation actuelle, quelle religion régira la France, dans un ou deux siècles. Demandez-vous combien, alors, il restera de Gilets jaunes. D'ouvriers français. D'artisans français. De paysans français (pour ces derniers, pas besoin de se projeter bien loin dans l'avenir : leur nombre a diminué de 90% en 50 ans).

Si la locution « France périphérique » est si puissante, si parlante, c'est qu'elle ne se contente pas de décrire une géographie : elle raconte une histoire. Elle raconte l'Histoire. Chassés des centres-villes par la France bobo, puis des banlieues par la France halal, les Français de la France de mille ans se retrouvent assigné à la périphérie. Dernier stade avant l'éjection dans les poubelles de l'Histoire. Dernière étape avant la disparition pure et simple. France périphérique : la relégation géographique précède la disparition historique. La France périphérique doit disparaître au profit de la nouvelle France. Ou plus exactement, des deux nouvelles France : la France bobo et la France halal. Entre ces deux France, il ne doit plus rien y avoir. Plus rien, c'est vraiment le cas de le dire : à long-terme, la France bobo s'assimilera à la France halal. Sur la tombe de la France historique, on célébrera les noces des deux nouvelles France. Et ce sera un mariage d'amour : la France bobo se proclame athée, elle croit détester toutes les religions ; mais son prétendu rejet « des religions » ne vise en vérité que le catholicisme.
Il suffit, pour s'en convaincre, de voir les yeux énamourés avec lesquels elle regarde la France halal (tout en crachant frénétiquement sur le catholicisme). Il suffit d'écouter la France bobo défendre inconditionnellement l'islam, de l'entendre expliquer à chaque attentat islamiste que « ce n'est pas ça, l'islam », que « Allah Akbar » n'a rien à voir avec l'islam, et que des terroristes islamistes qui imitent rigoureusement leur Prophète « ne connaissent rien à l'islam » (contrairement à eux, sans doute), pour mesurer sa propension à la soumission. Il suffit de recenser, dans les institutions où se forment et se recrutent les élites bobo — à Sciences bobo po par exemple — , ces « Journées du voile » et autres événements halal destinés à acclimater les élites modernistes à leur avenir islamiste.
Tout est bon, pour effacer la France catholique ; tout a été essayé, depuis deux siècles ; mais l'islam est de loin l'arme la plus efficace. La solution finale. Voir le sort des chrétiens d’Orient, enfin de ce qu’il en reste… et, tout au long de l’Histoire, le destin des peuples conquis par l'islam...

C’est ce destin qui attend le peuple français. C’est ce destin dont nous avons déjà vécu les premiers épisodes. C’est ce destin que le peuple français s’est choisi, en adhérant, en consentant ou en se résignant aux politiques frontièrophobes ; en offrant ou en abandonnant systématiquement le pouvoir à des dirigeants frontièrophobes ; c'est-à-dire, pour parler comme un politique, à des présidents ultralibéraux et immigrationnistes.

Par adhésion, indifférence ou renoncement, le peuple français a fait son malheur. Avec une constance, une persévérance dans le masochisme qui, d'une certaine façon, forcent l'admiration. Car ce n'est pas par l'opération du Saint-Esprit qu'Emmanuel Macron a été élu président de la République, il y a seulement un an et demi. De même c'est bien le peuple français qui, une fois Macron élu, a offert à La République En Marche une majorité écrasante à l'Assemblée nationale, déroulant ainsi le tapis rouge à Emmanuel Macron et à son agenda frontièrophobe. Cet agenda frontièrophobe qui, aujourd'hui, met le peuple français dans la rue — dans tous les sens du terme... Cet agenda frontièrophobe qui était déjà celui de Hollande, Sarkozy, Chirac, Mitterrand et Giscard… tous élus par le peuple français… Et il y a fort à parier que notre prochain président sera, lui aussi, un éminent dévot de l’Église frontièrophobe…

Pour autant, il serait trop facile de condamner hautement le peuple français pour ses choix suicidaires : entre propagande médiatique, terreur idéologique et hold-ups démocratiques, le sentier de la lucidité, et donc de la résistance, était escarpé. Et décourageant. Et désespérant. D’autant plus que les rares fois où le peuple français a recouvré son instinct de survie, notamment en votant en 2005 contre le traité constitutionnel européen, il a pu voir ce qu’il en allait de la prétendue « démocratie » dans l'Europe de l'Union... Il a pu sentir l’essence dictatoriale de cette Union européenne qui vénère les droits de l’homme, et méprise les droits des peuples. Essence dictatoriale d’ailleurs clairement assumée par les bien nommés commissaires européens, dont le plus haut représentant déclara publiquement, avant ce fameux référendum sur le traité constitutionnel européen : « Si c’est oui, nous dirons "on poursuit" ; si c’est non, nous dirons "on continue" ». Message reçu cinq sur cinq par son docile valet Nicolas Sarkozy qui, dès sa prise de pouvoir poste, s’empressa de faire voter le traité de Lisbonne par une Assemblée nationale elle aussi démocratiquement élue et parfaitement représentative, puisqu'on vous le dit

De telles entourloupes, de tels dénis de démocratie ont fini par avoir raison de la ténacité du peuple français. Lequel a résolu de ne plus participer à ce jeu de dupes que l'on nomme « élections ». De se mettre en retrait. Voilà pourquoi depuis de longues années, à quasiment chaque scrutin, l’abstention est le premier parti de France. Emmanuel Macron a été élu par 44% des inscrits…

« Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens » : voilà ce qu'avait compris la France abstentionniste bien avant que le chef suprême de l'Union européenne, Jean-Claude Juncker, prononce cette phrase nonchalamment, comme une évidence. Jean-Claude Juncker, l'homme le mieux placé pour connaître le fonctionnement des instances européistes... Jean-Claude Juncker, vrai patron de l'Europe. Jean-Claude Juncker, vrai patron de la France. Jean-Claude Juncker, vrai patron de Macron.

Il y a longtemps que le pouvoir n'est plus dans les mains du peuple français, ni dans celles de ses « dirigeants » : le pouvoir, comme tout le reste, a été délocalisé. A Bruxelles. Là où travaillent 30 000 lobbyistes, qui ne sont pas payés pour jouer à Candy crush

« Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens » : voilà pourquoi le peuple, écœuré de ces parodies de démocratie qui se soldaient inéluctablement par sa défaite, a fini par abandonner le terrain aux destructeurs de la France, et de l'Europe. Voilà comment la démocratie s'est progressivement effacée au profit de la lobbycratie. Une lobbycratie 100% frontièrophobe, qui s'est créé un terrain de jeu à sa mesure : l'Union européenne. L'institution frontièrophobe par excellence.

Face à cette lobbycratie européiste, le peuple français avait capitulé. Le peuple français s'était résigné. Le peuple français se taisait. Sans doute espérait-il que, silencieux, les élites l'oublieraient. Le laisseraient respirer. Qu'en se recroquevillant au maximum, il n'offrirait plus aucune prise.
Mais la docilité attise la cruauté. Du moins chez certaines personnes. Et en particulier chez la plupart de nos élites, dont la haine du peuple est telle que « s'enhardissant de sa tranquillité, / [Elles] Cherchent à qui saura lui tirer une plainte, / Et font sur lui l'essai de leur férocité. » (Baudelaire). Nos élites s'ingénient à exaspérer ce peuple en détresse. A le pousser à bout. Il faut par exemple être d'une naïveté extrême pour ne pas voir dans la limitation de vitesse à 80 km/h un énième crachat au visage des ploucs. Une nouvelle provocation envers les beaufs, une nouvelle tentative de pourrir la vie de ces sans-dents qui prennent leur voiture tous les jours pour aller travailler.

Et puis, plus prosaïquement, les élites ont encore un peu besoin de ce peuple qu'elles méprisent. De son fric, en tout cas : il faut bien financer l'accueil du nouveau peuple. Avant de disparaître, les remplacés sont priés de donner tout ce qu'ils possèdent aux remplaçants. Le fric : voilà bien le seul héritage que la France historique léguera à la néo-France... Les beaufs acceptent tout, alors prenons leur tout : voilà, pour résumer, la doctrine fiscale de ce gouvernement et des précédents.

Mais les beaufs n’acceptent pas tout. C’est la surprise de 2018. Qui a surpris jusqu’aux intéressés. Eux qui encaissaient depuis des décennies des tombereaux d’injustices, eux qui avaient abdiqué tout esprit de résistance, ont fini par se réveiller. L’acharnement du pouvoir, de plus en plus féroce, de plus en plus odieux, a eu raison de leur résignation. Ils sous-estimaient leur sens de l’honneur ; ils sous-estimaient leur envie de vivre. Peut-être, aussi, n’avaient-ils pas encore nettement discerné où tout cela les menait. Peut-être, à force d'indices de plus en plus explicites, la perspective jusqu’alors diffuse de leur disparition leur apparut-elle enfin clairement. Peut-être l’absence de limites du pouvoir fut-elle l’électrochoc par lequel ils réalisèrent que celui-ci ne s’arrêterait pas avant de les avoir totalement éliminés. Alors, par un réflexe de survie, ils se levèrent. Par un réflexe de survie et aussi, probablement, par un sursaut de fierté.
Les Gilets jaunes, c’est la France opprimée qui relève la tête. C’est la France désespérée qui retrouve l’espérance. C’est la France humiliée qui crie sa dignité. Espérons seulement qu’il s’agisse là d’un cri de guerre, et non du chant du cygne…

Car c’est une guerre qui est menée au peuple français. Une guerre totale.
Les Gilets jaunes doivent le comprendre. Réaliser où ils ont mis les pieds. Contre les Gilets jaunes, en moins de trois semaines, le gouvernement a sorti les blindés. Ce qu’il n’a jamais fait en trente ans d’émeutes de banlieues… Pas même en 2005, quand le monde entier vit la France livrée à des hordes de racailles ; pas davantage en 2007 quand, à Villiers-le-Bel, des policiers se firent tirer dessus à balles réelles. 30 policiers, alors, reçurent des balles dans leur chair. L'un y perdit un testicule, un autre un œil. Peu de Français sont au courant  : le gouvernement n'a pas été très volubile sur le sujet... Ni très sévère envers les responsables de ces « incivilités »...
Tout le monde, en revanche, a vu les images de l'héroïque boxeur du pont Senghor, et sait par un tweet du ministre de l'Intérieur lui-même qu'il encourt 5 ans de prison pour « violences sur un dépositaire de l'autorité publique. » On aimerait que le ministre de l'Intérieur adresse le même message aux racailles qui, depuis des décennies, crachent quotidiennement sur les flics, les insultent, les tabassent, ou leur balancent des frigos du 7ème étage… Et on aimerait, pourquoi pas, que les flics eux-mêmes — la base, bien sûr, pas leurs chefs francs-maçons — dénoncent publiquement ce deux poids-deux mesures en informant leur ministre de tutelle que c’est tous les jours depuis vingt ans qu’ils se font esquinter par des racailles. Ce, dans des conditions bien plus stressantes, et dans des modalités bien plus violentes que celles déployées par, je le répète, ce boxeur héroïque (et il est important de le répéter, dans ces temps de confusion où, par les ordres infâmes d’un gouvernement abject, les forces de l’ordre sont contraintes de devenir les ennemies d’un peuple qu’elles se sont engagées à défendre).
Tout le monde a également entendu, il y a deux semaines, les glapissements d'indignation du gouvernement quand des Gilets jaunes excédés se ruèrent sur trois gendarmes à moto qui leur lançaient sans raison des grenades sur la tronche (provocation odieuse parmi tant d'autres à laquelle, il faut en tout cas l'espérer, les gendarmes se livrent bien malgré eux, sous pression de leur hiérarchie). Même notre morveux de président a jugé bon d'y aller de sa fanfaronnade en trompetant, martial  : « La sévérité sera de mise. » On aimerait qu’une même sévérité soit de mise pour les racailles qui violent et les fichés S qui écrasent... Et pour les djihadistes partis en Syrie commettre les pires abominations, et que l'Etat souhaite rapatrier pour des motifs humanitaires — avec l'argent des Gilets jaunes... Pour ces charognes, manifestement, la sévérité n'est pas de mise...

C'est par cette sévérité à géométrie variable qu'on peut discerner qui le gouvernement a décidé d'étouffer, et qui il compte laisser vivre. A qui il réserve son intransigeance, à qui il ménage sa complaisance. Complaisance, d'ailleurs, est un mot faible : c'est en réalité de connivence qu'il faut parler pour désigner les relations qui unissent nos élites et nos racailles. Mais cela n'est pas étonnant. Cela n'est pas nouveau.

La France est en effet ce pays unique où, depuis deux siècles, les néo-élites n'hésitent pas à s'allier aux pires criminels pour faire advenir leur projet de création d'un homme nouveau. Lors de la Révolution française, des bataillons de violeurs et d'assassins furent envoyés châtier la France qui avait le malheur de ne pas se convertir assez vite à la religion des droits de l'homme ; de ne pas se prosterner devant les sacro-saintes valeurs de la République — déjà... C'est le gouvernement français qui décida de former des Colonnes infernales pour massacrer les hommes, les femmes et les enfants qu'il jugeait incompatibles avec son grand projet de fraternité universelle...
C'est Westermann, général des troupes révolutionnaires, qui se vante d'avoir « écrasé les enfants sous les pieds des chevaux », « massacré les femmes », et conclut, triomphal : « Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé. »
C'est Pinard, membre du comité révolutionnaire, qui parcourt les campagnes vendéennes à la recherche de femmes à violer puis, une fois pris son plaisir, les jette en pâture au détachement de métisses qui l'accompagne : « Trois de ces malheureuses, dont il avait joui, furent livrées à la garnison. Elles furent traitées avec une barbarie dont la suite fut des plus funestes. Une d'elles essuya en un seul jour les outrages de plus de cent de ces furieux. Ses compagnes subirent un sort à peu près semblable. De pareilles atrocités les avaient tellement affaiblies que, sortant de leurs bras, elles ne purent se soutenir et elles étaient en outre dans un état d'imbécillité déplorable. Trois jours après, ces bourreaux les fusillèrent. »
C'est le député Carrier qui proclame : « Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière. »
Ce sont des décrets officiels qui ordonnent le génocide de cette France « insuffisamment républicaine » : « La Vendée va être traversée par douze colonnes formidables de républicains. Il faut en exterminer les infâmes habitants. »
Ce sont les soldats de la République qui, s'emparant d'un enfant de quatre ans, « lui avaient percé la gorge avec un sabre et passé un bois dans le trou, puis l'avaient planté, en place de barrière, sur le bord du chemin. Dans sa petite main crispée par les tortures de la mort, ils avaient mis un papier où il y avait écrit : "Vive la République" ». La République, oui. Les valeurs de la République...

Nous n’en sommes pas là. Nous n’en sommes pas encore là. Nous n’en arriverons peut-être pas là. Mais il est bon de savoir quel sort les progressistes réservent parfois aux gens du passé qui n'entrent pas dans le moule de l'homme nouveau. Il est bon de savoir de quelle barbarie sont capables les champions des droits de l'homme... D'être bien renseigné sur l'inhumanité des humanistes...

Nous n’en sommes pas là. Nous n’en sommes pas encore là. Nous n’en arriverons peut-être pas là. Mais il est bon de savoir que le totalitarisme est une invention française — plus exactement, une invention de la Révolution française. Que le pays des droits de l'homme — enfin, de la déclaration des droits de l'homme... — est plus sérieusement le pays du totalitarisme. Que la France accoucha du premier génocide de l'Histoire — au nom de la République. Que la Révolution tenta d'exterminer une partie du peuple français — au nom de la Fraternité. Il est bon de savoir que le totalitarisme le plus infâme qui ait jamais tourmenté l'humanité — le communisme — s'inspirait directement de la Révolution française ; que le doux Lénine et le gracieux Staline se référaient en permanence à celle-ci pour accomplir leur « œuvre » (visant, elle aussi, à créer un homme nouveau). Il est bon, enfin, de savoir que la Révolution totalitaire française est la mise en musique du fatras philosophique des Lumières ; fatras philosophique dont sont pétris nos intellectuels, journalistes, ministres, secrétaires d’État et autres dévots de l’Église républicaine. Église républicaine dont le pape est Voltaire ; Voltaire, qui nourrissait pour le peuple un prodigieux mépris ; prodigieux mépris que l'on retrouve aujourd'hui chez nos prêtres républicains. L'arrogance de nos clercs, leur racisme social, leur morgue envers les losers, leur absence de compassion pour la souffrance des humbles, sont l'héritage de papa Voltaire. Macron, c'est Voltaire. Le talent en moins. Macron ou Voltaire ? « Il est important que le petit peuple soit pressé par le besoin de gagner. » Voltaire ou Le Maire ? « C'est une très grande question de savoir jusqu'à quel degré le peuple, c'est-à-dire neuf parts du genre humain sur dix, doit être traité comme des singes. » Voltaire ou Griveaux ? « Il y a deux cent mille fainéants qui gueusent d'un bout du pays à l'autre, et qui soutiennent leur détestable vie aux dépens des riches. » Voltaire ou Darmanin ?« Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. » Voltaire ou Castaner ? « Il est juste d'écarter à coups de fouet les chiens qui aboient sur notre passage. » Voltaire ou Luc Ferry ? « Il faut un châtiment qui fasse impression sur ces têtes de buffles... »
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les idées de Voltaire ont donné la Terreur. Il est à craindre que le racisme de nos élites voltairiennes se traduise sous peu par l'exercice d'une très grande brutalité physique contre le peuple, si celui-ci persiste à refuser le programme qui lui est réservé.

L'escalade sémantique de ces dernières semaines, en tout cas, ne doit rien au hasard. Les insultes, les calomnies, les reductio ad-hitlerum des Gilets jaunes par le gouvernement doivent s'interpréter comme des justifications anticipées de la violence qu'il va bientôt déchaîner contre eux (une violence dont nous avons déjà pu observer les pénibles prémices, mais qui n'est rien au regard de ce qui se prépare). Quand un ministre assimile les Gilets jaunes à la « peste brune » ; quand le porte-parole du gouvernement les dépeint comme « des racistes, des antisémites, des fascistes, des putschistes » ; quand le Président de la République lui-même les stigmatise comme une « foule haineuse », on peut à bon droit nourrir les plus grandes inquiétudes pour les Gilets jaunes. Il faut en effet comprendre cette grande brutalité verbale comme la préfiguration d'une grande brutalité physique. Comme la légitimation d'une grande brutalité physique.
Car enfin, réfléchissez :quel respect mérite une foule haineuse ? Quels égards méritent des racistes ? Quelle bonté méritent des antisémites ? Quelle pitié méritent des fascistes ? Quelle compassion mérite la peste brune ?
De même que Staline animalisait ses ennemis pour lever les scrupules de ceux chargés de les éliminer, la nazification des Gilets jaunes vise à abolir la bienveillance que les Français nourrissent encore majoritairement pour eux. A endurcir leurs cœurs. A éteindre en eux toute compassion pour les Gilets jaunes afin que, quand le gouvernement passera aux choses sérieuses, l'opinion, ne sachant plus où elle habite, laisse faire…

Si les manipulations du gouvernement réussissent, si les caricatures qu'il diffuse parviennent à occulter la réalité de ces hommes et femmes en détresse, alors les Gilets jaunes se retrouveront seuls. Sans soutien populaire. Seuls, face à la puissance de l'Etat ; une puissance énorme, entre les mains d'un gouvernement qui les hait... Alors, ils n'auront plus qu'à remiser leurs gilets jaunes, et à s'en retourner dans leur France périphérique pour mourir en silence. Après tout, ils le font bien depuis deux décennies...

C'est dans cette intention de discréditer les Gilets jaunes que le gouvernement laisse le champ (et les Champs) libre aux casseurs. Délibérément. En toute connaissance de cause. La préfecture de police de Paris dispose d'un fichier exhaustif des Black blocs ; mais plutôt que de s'en servir, elle préfère envoyer des bataillons de CRS interpeller Eric Drouet...
Une fois n'est pas coutume, c'est l'amalgame qui est recherché entre des braves gens accablés de soucis, et des petits merdeux avides de destruction. Entre des vaincus de la mondialisation qui essaient de survivre, et de jeunes bourgeois nihilistes qui veulent juste détruire. C'est ainsi que le gouvernement, secondé par ses laquais médiatiques, se crée sur mesure des images choquantes et les présente comme le fait des Gilets jaunes, alors qu'elles sont l’œuvre de leurs parasites. On en arrive à cette situation où c’est la France périphérique qui organise des manifestations, et c’est la France des métropoles qui retient l’attention. La France des métropoles, c'est-à-dire les bourgeois des centres-villes en quête d'ivresse révolutionnaire, et les racailles de banlieue en quête de Nike Air.
Autrement dit le gouvernement, garant de la sécurité des biens et des personnes, se fait le complice de destructeurs de biens et d'agresseurs de personnes. Le gouvernement, garant de l'ordre, travaille main dans la main avec des anarchistes... Lesquels, au passage, servent docilement les plans de ce gouvernement qu'ils croient combattre. Mais Lénine n'a pas inventé l'expression « idiots utiles »pour rien.

Cette extrême gauche extrêmement idiote et extrêmement utile n'est pas utile que pour salir les Gilets jaunes : le gouvernement l'utilise également pour décourager ces derniers de manifester. En effet l'extrême gauche extrêmement idiote est aussi extrêmement excitée : dans tous les défilés auxquels elle se greffe elle s'agite, elle rugit, elle provoque le chaos, fait régner la terreur ; toutes choses de nature à dissuader les honnêtes gens de participer aux manifestations. Terroriser les Gilets jaunes afin de dégonfler leur mouvement : c'est l'autre mission que le gouvernement a confiée aux antifas, et dont ils s'acquittent avec zèle. Idiots utiles au carré. Complices au carré du sabotage d'un authentique mouvement populaire…

Mais nous l'avons déjà dit : la France est ce pays singulier où, depuis la Révolution et sa Terreur républicaine, les élites recourent aux services de délinquants et de criminels pour mater le peuple récalcitrant. Le seul autre exemple connu est celui de la Russie soviétique où, dès 1917, des criminels de droit commun furent intégrés à la Tchéka pour exercer leurs talents contre les « gens du passé » « inassimilables » à la société à venir. Mais cela ne dura que quelques décennies. La France républicaine, elle, a la violence dans son ADN. Elle est née de la terreur ; elle ne peut se maintenir que par la terreur. Terreur intellectuelle, dans les périodes de calme (voir l'invocation permanente des « valeurs républicaines » et autres chantages à « la République en danger » qui constituent l'essentiel — si l'on peut dire — du débat contemporain) ; terreur physique, quand le peuple ne marche plus. Quand le peuple n'est plus En marche...

Profitons de cette transition providentielle pour évoquer En marche, justement. Parti d'incompétents comme jamais il n'y en eut, parti de médiocres, d'imposteurs, de nuls, affichant de surcroît une fatuité à peine imaginable, cette formation politique est, après Sciences po, le plus extraordinaire vivier de têtes à claques connu (ce qui explique d'ailleurs pourquoi il aspire tant de membres des Républicains). Par conséquent rien n'est plus compréhensible que l'envie qui démange les Gilets jaunes de leur en mettre, des claques, à ces connards prétentieux. Rien n'est davantage dans l'ordre des choses que de vouloir flanquer une peignée à ces merdeux arrogants.
Pourtant, les Gilets jaunes feraient mieux de s'abstenir. Car l'énergie n'est pas illimitée ; il faut donc être économe de ses claques. Garder des réserves pour le vrai combat. Le vrai combat, qui ne doit pas être mené contre En marche. Pas davantage contre Macron. Le vrai combat, qui doit être mené contre les chefs de Macron ; contre les chefs de la France ; contre les chefs de l'Europe : contre le roi Jean-Claude Juncker et sa cour de lobbies. Ce sont eux qui ont le pouvoir ; c'est d'eux qu'émanent les fameuses directives qui font mourir l'Europe à petit feu ; c'est donc eux qu'il faut viser. Tout le reste est perte de temps, d'attention et d'énergie.

Le roi Jean-Claude Juncker et sa cour de lobbies rigolent bien, quand ils voient le peuple français conspuer Macron — comme il conspua jadis Hollande et Sarkozy. Ils rigolent bien, et surtout ils ressentent un immense soulagement : tant que les peuples se défoulent sur les hommes de main, ils ne pensent pas à remonter aux cerveaux. Tant qu'ils passent leur colère sur les exécutants, ils laissent tranquilles les commanditaires. Or Sarkozy, Hollande et Macron sont des exécutants. Des larbins. Des larbins d’élite, si l’on veut, mais des larbins quand même. Les cerveaux de l'opération « destruction des peuples » se trouvent à Bruxelles. Les commanditaires de l'opération « destruction des peuples »sont ces 30 000 lobbyistes qui, je l'ai déjà dit, ne sont pas payés pour jouer à Candy crush… C'est contre cette lobbycratie qu'il faut porter le fer. C’est à Bruxelles qu’il faut se battre. Pas à Paris. Et encore moins à l'Elysée.
Si les Gilets jaunes s'emparent de l'Elysée, comme certains l'ambitionnent, ils y trouveront des tableaux de bord en carton et des leviers en guimauve. L’Elysée est un théâtre. Tous les attributs du pouvoir y sont postiches. Macron lui-même n’est qu’un pantin. Une marionnette. Un authentique guignol, dans tous les sens du terme.

C'est pour cela qu'il est un peu navrant de voir fleurir, dans les manifestations de Gilets jaunes, des pancartes « Macron, démission ». Non que cette revendication soit infondée : il est évident que Macron, avec son dédain, sa haine, et maintenant sa violence envers le peuple, mérite une rouste bien tassée. Certes, ce petit con est urticant, et je n'ai bien sûr rien contre le renvoyer dans les poubelles de l’Histoire (ou plus probablement dans les palais de Rothschild). Mais qu'est-ce que ça changera ? Macron démission, oui, d’accord, bon débarras ; et après ? Nous avons dégagé Sarkozy, nous avons dégagé Hollande : cela n'a rien changé. Nous voulons maintenant dégager Macron ? Eh bien dégageons-le : cela ne changera rien. « Si c’est oui, nous dirons "on poursuit" ; si c’est non, nous dirons "on continue" » ; toujours avoir en tête les paroles de Juncker… Il faudrait donc effacer « Macron, démission » de ces plaques à côté de la plaque, et y inscrire « Juncker, démission ». Ou « Le pouvoir au peuple, pas aux commissaires » ; ou encore « A bas la lobbycratie, vive la démocratie ».

Pour empêcher le naufrage de la France, ce n’est pas Macron qu’il faut dégager ; ce sont les institutions européennes qu’il faut débrancher.

Pour enrayer la ruine économique des peuples d’Europe, leur submersion migratoire et donc, à terme, leur disparition, c’est l’Union européenne qu’il faut tuer. Ce sera elle, ou nous.
L’Union européenne, ou l’Europe des peuples : pour que l’une vive, l’autre doit mourir.

Plus généralement, il faudra mettre hors d’état de nuire les institutions internationales nées au sortir des deux guerres mondiales et qui, exploitant l’affaiblissement des Etats-nations européens et leur inclination suicidaire à la repentance, les ont progressivement vidés de leur souveraineté, imposant la primauté de leurs délires idéologiques sur les aspirations des peuples.

Il faudra mettre hors d’état de nuire l’ONU, auteur du pacte de Marrakech « pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » et qui, en 2015, confia à l’Arabie saoudite la tête du panel du Conseil des droits de l'homme (chargé de rapporter les atteintes aux droits de l'homme dans le monde). 

Il faudra mettre hors d’état de nuire la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui vient de rendre possible, sous certaines conditions, l’application de la charia en Europe (vous me direz à juste titre qu’elle s’applique, déjà de fait ; eh bien à l’avenir, ce sera de droit). Au nom des droits de l'homme (pas de la femme, visiblement).

Oui, il faudra mettre hors d’état de nuire toutes ces juridictions internationales — ces « machins », aurait dit de Gaulle — qui sont autant de chapelles d’une même Église : l’Église des droits de l’homme.

C’est fondamentalement contre les droits de l’homme qu’il faudra se battre. C'est cette pernicieuse contrefaçon de l’humanisme chrétien qu'il faudra éradiquer, si nous voulons sortir l'Occident de l'enfer dans lequel il s'est jeté. Il nous faut sortir de la confusion mentale et des intimidations morales, pour comprendre que les droits de l'homme ne peuvent que mener au chaos. 

Car les droits de l'homme, c'est le principe de plaisir érigé en doctrine. C’est le triomphe de l’individu-roi, dont les caprices doivent prévaloir sur les peuples et les civilisations. C’est, en particulier, le droit pour chacun de s’établir où bon lui semble, et d'imposer sa culture au mépris de celle du pays d’accueil — et, souvent, à ses frais...
Les droits de l’homme, c’est la mort des frontières.
Les droits de l’homme, c’est la mort des nations.
Les droits de l’homme, c’est la mort des peuples. Et des civilisations qu’ils incarnent.

Il faut donc urgemment liquider les droits de l'homme, cette abstraction nivelante, et les remplacer par un humanisme réaliste, qui reconnaît le droit des civilisations à la continuité historique. Encore faut-il qu'il y en ait une, de civilisation, et qu'elle mérite d'être continuée... Or quelle histoire récente les Français d'aujourd'hui ont-ils à continuer ? Qu'y a-t-il, dans les dernières décennies, qui mérite d'être prolongé ? Que reste-t-il, en 2019, de la civilisation française ?... Manifestement, il nous faut donc remonter plus loin dans notre passé pour trouver quelque chose de consistant à opposer aux droits de l'homme — et à l'Union européenne, qui en est la principale courroie de transmission.

Italie, Pologne, Autriche, Hongrie : ce n'est pas un hasard si l'avant-garde du combat anti-européiste regroupe des pays historiquement catholiques. Des pays épargnés par le nihilisme de la Révolution française et qui ont donc, malgré leur inévitable sécularisation, conservé un lien avec leurs racines glorieuses. Derrière les phénomènes politiques, derrière le « populisme », derrière Orban et Salvini, c'est l'inconscient catholique des peuples qui s'exprime dans leur refus de l'européisme (lequel est un droit-de-l'hommisme parmi d'autres). C'est leur âme catholique qui détecte et rejette la fourberie, la fausseté, la perfidie de l'humanisme officiel.
Le catholicisme contre l'imposture droit de l'hommiste ; le catholicisme contre les bons sentiments ; le catholicisme contre les bonnes intentions dont l'enfer est pavé (et qui, il suffit d'ouvrir les yeux, nous ont effectivement menés à l'enfer) : c'est cet affrontement décisif qui se joue actuellement.
C'est assez logique, quand on y réfléchit : les droits de l'homme ont voulu éliminer le catholicisme ; ils ont montré leur nocivité ; le catholicisme doit maintenant éliminer les droits de l'homme. Juste retour de balancier.

Même en France, où la déchristianisation a été plus féroce que dans n'importe quel autre pays, on peut déceler, ci et là, quelques frémissements... quelques signaux faibles de catholicisme — oh, très faibles — qui tendraient à confirmer la phrase d'André Suarès : « Qu'il aille ou non à l'église, le peuple français a l’Évangile dans le sang. » Sans le savoir, en effet, les Gilets jaunes sont en train de ressusciter des valeurs et, plus encore, des attitudes catholiques. Qu'est-ce, en effet, que cette fraternité qui renaît sur les ronds-points — à rebours de la fraternité factice des grands prêtres de l’Église droit-de-l'hommiste — , sinon une redécouverte de l'exhortation du Christ : « Aimez vous les uns les autres » ? « Vous vous rendez- compte ? On se reparle à nouveau ! C’est incroyable, ce mouvement nous a fraternisés ! » Qu'est-ce que cette chaleur humaine qui fait rebattre des cœurs pétrifiés par des décennies d'égoïsme consumériste, sinon un avatar de la bienveillance chrétienne ? « Avec les Gilets jaunes, je me suis trouvé une famille. » Et ce courage qui anime les Gilets jaunes, cette ténacité, cette persévérance malgré les sarcasmes, les outrages et la violence, ne semblent-ils pas inspirés par cette déclaration du Christ : « C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »?

Bien sûr, on pourra me rétorquer que je surinterprète. Et que de toute façon,  s'il s'agit bien de catholicisme, c'est un catholicisme à basse, très basse tension. Certes. Mais cela prouve au moins que, contrairement aux fantasmes de l'éternel adolescent Mélenchon, ce qui se profile n'est pas une réplique de la Révolution française : c'est son exacte antithèse. C'est une anti-Révolution française qui a commencé avec les Gilets jaunes. Un rejet radical des élites françaises, enfants de Voltaire, et de leur idéologie, fille des Lumières. C'est contre les conséquences de l'escroquerie droit-de-l'hommiste que se lèvent les Gilets jaunes. Contre le faux humanisme des Lumières, qui a désarmé la France ; contre sa fausse tolérance, qui l'a livrée à l'islam ; contre sa fausse générosité, qui dépouille la France des humbles pour armer ses ennemis. Les Gilets jaunes se battent contre les idées chrétiennes devenues folles. Et donc, sans le savoir, pour le catholicisme. Car je ne vois pas quoi, à part le catholicisme, pourrait renverser l'Internationale droit-de-l'hommiste. Je ne vois rien d'autre qui ait le souffle et la densité pour  venir à bout d'un système aussi puissant. Aussi, selon moi, soit ce mouvement des Gilets jaunes ira au bout de sa logique et découvrira qu'il a besoin, pour mettre fin au cauchemar ultralibéral et multiculturel, de ce catholicisme qui a fait la France ; soit il échouera, et le cauchemar des droits de l'homme continuera de défaire la France. Mais il n'y a pas d'autre voie : si la révolution des Gilets jaunes doit porter des fruits, ils seront aussi, nécessairement, spirituels.

« Tout commence en mystique et finit en politique », écrivait Péguy. Les temps ont changé. Nous voici arrivés au bout de l'impasse politique. Il nous faut désormais rebrousser chemin : si les Gilets jaunes tiennent bon dans les terribles épreuves qui arrivent, il y a fort à parier que leur révolution, qui commence en politique, finira en mystique.


PS : Alors que j'achevais ce texte, Castaner, l'homme sans caractère, révélait de manière on ne peut plus explicite sa volonté de faire l'amalgame entre casseurs et Gilets jaunes : « Ceux qui viendront manifester [ce samedi 12 janvier] seront complices des casseurs. » On ne saurait être plus transparent. La prochaine fois ce funèbre Castaner pourra prévenir, plus simplement : « Nous tirerons dans le tas. » 

PPS : Quant à Luc Ferry, il faisait honneur à sa qualité d'ancien ministre et, plus encore, de philosophe — c'est-à-dire d'amoureux de la sagesse — en livrant ce subtil conseil, effectivement plein de sagesse : « Que les policiers se servent de leur arme une bonne fois, ça suffit ! » Ce grand humaniste sera sans doute bientôt exaucé.