samedi 16 novembre 2019

jeudi 14 novembre 2019

Droits de l'homme et infantilisation

De la France sans-culotte à la France couche-culotte. Des droits de l’homme aux caprices du bébé…

mardi 12 novembre 2019

Je suis Charia



La première marche contre l’islamophobie n'a pas eu lieu le 9 novembre 2019. La première marche contre l’islamophobie a eu lieu le 7 janvier 2015. Alors, des sosies sous hypnose nommés Charlie défilèrent comme un seul troupeau en célébrant la magnifique « liberté d’expression et de pensée », mais en interdisant de critiquer l’islam et de faire le moindre « amalgame »…
C’est la lâcheté de ces merveilleux Charlie, début 2015, qui a pavé la route à la victoire des islamistes, fin 2019. De « Je suis Charlie » à « Je suis Charia »... Sombre complicité entre victimes et bourreaux...

samedi 9 novembre 2019

Grand aveuglement

L'alternative n'est pas entre croire au Grand Remplacement, et ne pas y croire ; elle est entre le constater, et le nier. Entre s'attacher aux faits, et se réfugier dans le déni.
En 1997, il y avait 18,5 % de naissances musulmanes en Seine-Saint-Denis ; en 20 ans, ce taux est passé à 51 %.
Aujourd'hui, il y a 20 % de naissances musulmanes en France...

mardi 5 novembre 2019

Le pervers touristique


Un profil Instagram, une perche à selfies,
Un t-shirt à message, un bon réseau wifi,
Et 3 000 followers : voilà, tout équipé,
Le touriste nouveau, ce noble aventurier

Qui tourne autour du globe, un réacteur au cul,
En visionnant son film et bâfrant son menu,
Avant de s'endormir en pyjama chaussettes,
Bouche ouverte, plongé dans son rose appuie-tête.

Héritier glorieux des grands explorateurs,
Baroudeur audacieux, sans paresse ni peur,
C’est légitimement que ce héros se prend
Pour Vasco de Gama, Colomb ou Magellan :

Dès son atterrissage il se prend en selfie,
Fier d’avoir de nouveau relevé le défi
De brûler cent vingt-huit tonnes de kérosène
Pour passer des vacances écolo, bio et zen

(Étant de Mère Nature un ardent militant,
Ses pensées vont toujours à l'environnement :
Il exige des vols en classe écotouriste ;
C’est la garantie d’un voyage écologiste).

Épris de nouveauté, de dépaysement,
De terres inexplorées, d’horizons étonnants,
Il arpente les lieux spottés sur Instagram :
Ce sont, lui a-t-on dit, des lieux où souffle l’âme.

Dans ces endroits mystiques, envoûtants, hypnotiques,
Exhalant un parfum d’aventure authentique,
Il retrouve, grouillants, ses clones instagrammeurs
Qui, smartphones enfiévrés, frissonnent de bonheur ;

Pensez, ils ont gagné deux mille followers
Et le double de like, tout ça en moins d'une heure,
Pour avoir exhibé sur les réseaux voyeurs
Les détails de leur belle aventure intérieure ;

Aventure authentique, et intime, et profonde,
Retrouvailles avec soi à l'autre bout du monde,
Moment d'introspection à vivre en solitaire,
Et à photographier pour informer la Terre

Et les réseaux sociaux de son goût du désert :
Le touriste nouveau est profond et sincère,
Le touriste nouveau, en homme simple et vrai,
Sait admirer le monde en se faisant discret ;

Ce humble voyageur n’est que grâce et douceur,
Courtoisie, élégance, humanité, pudeur ;
Partout où il se rend c’est pétri de respect
Pour les peuples et cultures : il croit fort à la paix,

Aux rencontres authentiques avec les habitants,
Au partage sans filtre, tel’ment enrichissant,
Avec les autochtones qui portent ses bagages,
Lui servent de taxis, de femmes de ménage,

De vide-couilles, aussi, pour deux ou trois dollars
(Et peuvent toujours courir pour qu’il laisse un pourboire) :
Que d’interactions denses et d’échanges émouvants !
Que d’expériences intenses et que de beaux moments !

Le tourisme nouveau, ce nouvel humanisme,
N’est qu’ouverture à l’Autre, amour de l’exotisme,
De ce grand melting-pot qui compose la Terre,
Ce kaléidoscope juste extraordinaire

De peuples métissés, comme un bouquet de fleurs,
Superbe mosaïque de toutes les couleurs,
Et de ces différences qui sont autant de chances
D’éradiquer la peur, la haine et l’ignorance ;

Le touriste, en effet, est tout sauf ignorant,
Il est curieux de tout, profond et passionnant :
Il se cultive dans le Guide du Routard,
C’est vous dire s’il est incollable en Histoire,

S’il a sur le passé un regard nuancé,
Épatant de finesse et de subtilité :
L’infâme christianisme et l’admirable Islam,
Le galant musulman et son respect des femmes,

Le Français misogyne avec ses Notre-Dame,
Et l’obscur Moyen-Âge qui opprimait les âmes,
Pendant que dans l’Orient la civilisation
Portait l’homme vers les sommets de la raison ;

Les grands penseurs du Golfe et le mini Montaigne,
Le tout petit Saint Louis et le grand Ben Laden ;
Le merveilleux Qatar, ses prodiges artistiques,
Raphaël et Mozart, fats cuistres académiques ;

Le nerveux Jésus-Christ et le doux Mahomet
Qui n’enseigna jamais que l’amour et la paix ;
La belliqueuse Europe et ses sales Croisades,
Le pacifique Islam et son gentil Djihad,

Les grands génies arabes et l’Europe arriérée,
La morne Renaissance et les riches mosquées,
Vienne et Rome et Venise, inférieures à Bagdad,
Et Florence et Paris, qui rappellent Riyad ;

Riyad, qui est d’ailleurs le tout dernier must-see,
La desti à la mode, LE lieu, the place to be !
Pour assouvir son goût des histoires d’ailleurs,
Des rencontres authentiques pour un monde meilleur,

Le touriste a choisi l'Arabie saoudite,
Terra incognita splendide et insolite,
Nouveau terrain de jeu pour esprits décalés,
Et voyageurs ouverts, épris de liberté,

Et puis d’égalité, et de fraternité,
Et de laïcité, et puis de parité :
Ces sublimes valeurs sont ici exaltées,
En ces terres humanistes, où tout est toléré :

Ce voyage enchanteur est ainsi l’occasion
De mettre un coup d’arrêt aux stigmatisations,
De déconstruire les fantasmes et les clichés
Sur l’Islam qui serait misogyne et guerrier,

Tous ces stéréotypes d’incultes bas du front
Remplis de préjugés, de désinformations,
D’amalgames douteux, voire nauséabonds,
Et de caricatures sur cette religion ;

Il est temps d’opposer un discours humaniste
Aux peurs irrationnelles d’un danger islamiste,
Ces grotesques fake news, ces délir’ complotistes,
Propagés par la fachosphère franco-fasciste

Car il faudra s’y faire : nous sommes tous des frères,
N'en déplaise aux charognes de la fachosphère ;
Nous devons nous aimer, ne pas nous insulter,
Quoi qu'en pensent ces cons, ces salauds, ces fumiers

Qui font des amalgames et puis qui stigmatisent ;
Pour briser leurs clichés et leur idiote hantise,
Et prouver que l’Islam est tout sauf ce qu’on dit,
Le touriste nouveau voyage en Arabie ;

Il se balade en short au milieu des hijabs,
Sa femme en bikini au milieu des niqabs ;
Il sent bien des regards un brin réprobateurs
Mais bon, honnêtement, de là à avoir peur...

Il entre ainsi dans les boutiques de burqa,
Le bide à l'air dans les magasins d'abayas ;
Mais alors qu'il ressort après l'achat d'un voile,
Typique du pays, conforme aux normes halal,

Un SUV s'arrête et le prie de monter
A grand renfort de roustes et de coups bien placés
Pile dans les roustons puis paf dans la mâchoire
Et dans un crissement féroce redémarre

Pour l'emmener swinguer au milieu du désert
Et voir avec ses yeux si les palmiers sont verts ;
Rouge de sang, la nuque et le nez désaxés,
Le touriste nouveau est un peu secoué ;

De tous ses souvenirs de vacances d’été,
Jamais on ne l’avait aussi peu chouchouté :
Coups de couteaux, brûlures et menaces de mort,
C’en est trop : il se plaindra sur Tripadvisor !

C’est alors qu’il entend un fracas prodigieux,
Des cris, des explosions, ouragan d’armes à feu,
Et que subitement une main surpuissante
Le soulève de terre et l’extrait de la tente.

Il est alors jeté dans un autre SUV
« Putain, ça recommence ! », pense-t-il, affolé,
Mais les hommes en treillis très vite le rassurent :
Il vient d’échapper à d’effroyables tortures ;

Quatre de leurs collègues n’ont pas eu cette chance
Qui viennent de tomber pour sauver ses vacances.
Le touriste nouveau, certes, est reconnaissant,
Mais point trop n’en faut : il n’oublie pas pour autant

Que le job de ces gens — qui en vaut bien un autre —
Est de donner sa vie pour sauver celle des autres ;
Alors merci, OK, mais faut pas abuser :
Ces soi-disant « héros » n’ont fait que leur métier

Et s'ils sont pas contents, libre à eux d’en changer.
Le lendemain matin, ravi, le cœur léger,
Le touriste nouveau repart à l’aventure,
Lunettes de soleil, rutilante voiture,

En direction d’un lieu secret et retiré,
Spotté sur Instagram, et très recommandé
Sur Facebook, sur Twitter et sur Tripadvisor :
Un endroit top-secret, un plan qui vaut de l’or.

Sur la route il remarque un pur spot à selfies
Un peu risqué, mais bon, la vie est un défi ;
Il s’approche, ce con, du bord de la crevasse,
Sourit au téléphone et bien sûr se patrasse

Et vient se fracasser quinze mètres plus bas,
Se cassant quelques côtes et se brisant les bras ;
Il gît là, avachi, hurlant comme un bébé
Avec une pensée pour son selfie raté.

Quelques heures plus tard, en déshydratation,
Il entend ce qui semble être un moteur d’avion ;
C’est un hélicoptère en quête d’un touriste
Qui aurait, paraît-il, besoin de secouristes.

Des secouristes, tiens, c'est ce qui en descend ;
Aussitôt ils s'affairent à secourir ce gland ;
Opération ardue : la crevasse est coriace :
Cet inepte crétin gît au fond d'une nasse ;

Un des sauveurs se vautre et rencontre un rocher,
Un autre dégringole, plane et va s'écraser
L'estomac éclaté et la tête en compote ;
Au prix de mil périls leurs autres petits potes

Parviennent patiemment à tirer cette ordure
De son trou ; deux sont morts pour sauver cette enflure ;
Le touriste nouveau tient à les remercier
Mais, bon, voilà, ce sont les risques du métier

Et puis, oh, regardez ! Mon selfie a marché !!!
Il est pas beau, eh, oh, qu'est-c'que vous en pensez ?
Ah, non, vraiment, merci, merci, merci beaucoup !
C'était un peu risqué mais ça valait le coup !

Les mecs dans l'hélico le zieutent, un peu troublés
De ce connard joyeux, alors que sont crevés
Deux des leurs à l'instant ; c'est qu'ils n'ont pas compris
Le fonctionnement de ce sombre abruti :

Dans l'esprit fraternel de ce grand humaniste,
Un touriste vaut bien au moins deux secouristes,
Et pour réaliser un somptueux selfie
Il peut bien de ces gueux sacrifier la vie ;

Ce philanthrope ému, ce voyageur ailé,
Féru d'égalité et de fraternité,
Peut souiller, humilier, voire causer la mort
Sans éprouver la honte ou l’ombre d’un remords.

Ce fléau ambulant monté sur réacteurs
Vient, salit et repart à plus de mille à l’heure.
Comme il est arrivé, il séjourne et s’en va,
Toujours aussi inculte, aussi vide, aussi fat.

Le cerveau ravagé, la conscience tranquille,
Avachi dans l’avion, devant un film débile,
Il retourne chez lui en n’ayant rien appris,
Rien vu, rien retenu, rien senti, rien compris,

Et sitôt revenu de son errance absurde,
Cet esclave éternel de sa molle hébétude
Prendra devant l’avion un shoot de dix selfies...
Voilà son existence — ou, si l’on veut, sa vie.

mardi 29 octobre 2019

Pas d'amalgame ?

Un élu FN musulman a tiré des coups de feu contre une mosquée un resto vegan. Il était un grand admirateur de Zemmour Mahomet.
Quand le journalisme officiel traitera l'information avec une telle impartialité, il retrouvera peut-être un peu de crédibilité. En attendant, il ne doit pas s'étonner d'être considéré comme une gigantesque agence de propagande collaborationniste. 

samedi 26 octobre 2019

Tartuffe Akbar



Je recueille avec zèle un homme en sa misère
Je le loge, et le tiens comme mon propre frère ;
De bienfaits chaque jour il est par moi chargé ;
Je lui donne ma fille et tout le bien que j'ai ;
Et, dans le même temps, le perfide, l'infâme,
Tente le noir dessein de suborner ma femme,
Et non content encor de ces lâches essais,
Il m'ose menacer de mes propres bienfaits,
Et veut, à ma ruine, user des avantages
Dont le viennent d'armer mes bontés trop peu sages,
Me chasser de mes biens, où je l'ai transféré,
Et me réduire au point d'où je l'ai retiré.

Molière, Le Tartuffe, acte V, scène III


« Les institutions seules ne suffiront pas. L’administration seule et tous les services de l’Etat ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste. C’est la nation tout entière qui doit s’unir, se mobiliser, agir […] Une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir. » Emmanuel Macron, le 8 octobre 2019.

Nous y voilà. Voilà le réel. Formulé par ceux-là mêmes qui, pendant plusieurs décennies, nous assuraient qu’il n’y avait pas de problème. Et nous expliquent maintenant qu’il n’y a pas de solution.
Mais peu importe : voilà le réel. Les brumes de l'utopie se dissipent. La réalité se dessine. Lentement, ses contours se précisent. La société multiculturelle laisse place à la société de vigilance. Le vivre-ensemble au vivre-inquiet. Insensiblement, nous glissons de « L'immigration est une chance pour la France » à « Depuis le début de l’année, cinquante-neuf attentats islamistes ont été déjoués ». De « L’islam est tolérant, ouvert, pleinement compatible avec nos valeurs et la République » à « L'administration seule et tous les services de l'État ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste ».
Voilà donc le réel. Finie la propagande. La France black-blanc-beur, c’est la France de la peur. La France black-blanc-beur, c’est la France de l’aigreur. C’est la France hystérique où, en une semaine, peuvent se tenir 85 débats télévisuels sur le voile islamique. C’est la France où on se déchire, où on se menace, où on s’insulte. La France où on se tue. La France où des Français égorgent des Français.

Il est temps de traduire la novlangue orwelienne : « vivre-ensemble » signifie « mourir-égorgé ». « Vivre-ensemble » signifie « guerre civile ».

Une guerre civile que même les plus brillants acrobates de la langue de bois (d'Emmanuel Macron à Jacques Attali en passant par François Hollande) évoquent désormais sans détour ; une guerre civile qui, d'après ces spécialistes du déni en guérison (il ne faut donc pas leur en demander trop), serait imputable à ceux qui font des « amalgames entre les questions d’immigration, de radicalisation, de communautarisme et de laïcité ». Et uniquement à ces salauds.

Il est vrai que considérer le communautarisme comme une conséquence de l’immigration relève d'une tendance pathologique à l'amalgame. Que qualifier ce communautarisme de musulman dénote une extraordinaire ignorance des réalités. Il est vrai, surtout, qu’il faut être doté d’un câblage singulièrement tortueux pour poser l’équation « immigration musulmane => communautarisme musulman ». Quant à estimer que ce communautarisme musulman aurait un lien avec des attentats commis aux cris de « Allah Akbar », c’est manifester une confusion mentale qui frise la folie pure. L’asile psychiatrique n’est pas loin.

Tenez-vous le pour dit : si, quarante ans après avoir ouvert les vannes d’une immigration islamique massive, le peuple français se fait massacrer aux cris de « Allah Akbar », ce n’est en aucun cas à cause de cet islam. C’est à cause des amalgames.
Oui, c'est à cause des amalgames que nous avons eu le Bataclan. C’est à cause de leurs amalgames que des dizaines de bobos anti-amalgames se sont fait rafaler à la kalach sur la terrasse de leur resto vegan. C’est à cause de leurs amalgames qu’un 19 tonnes a réduit en compote des familles entières sur la promenade des Anglais. Et c'est à cause de ses amalgames que le père Hamel a été égorgé. Et tous les attentats et tous les carnages et tous les étripages commis au nom d’Allah en Afghanistan, en Syrie, au Nigeria, au Pakistan, en Irak, en Libye, au Mali, en Égypte, au Yémen, sont des protestations contre les amalgames. Et si l’État islamique viole des fillettes, tue leurs pères à la perceuse et crucifie leurs mères, c'est à cause de leurs amalgames. Et Mahomet lui-même, il y a 1 400 ans, faisait couler le sang à cause des amalgames. Mahomet massacrait à cause des amalgames. Mahomet égorgeait à cause des amalgames. Mahomet violait à cause des amalgames. Pendant de longues années, on vous a menti : « Allah Akbar » ne signifie pas « Dieu est grand ». « Allah Akbar » signifie « Y en a marre des amalgames ».

Ne faites pas d'amalgame, donc. Et tout ira bien. Ne critiquez pas l'islam, et tout se passera bien. Ne vous opposez à aucune des revendications des musulmans, ne dites rien de mal du voile ni du halal, et vous serez tranquilles. Bref, soumettez-vous à ceux que vous avez accueillis, et vous aurez la paix. Sinon, ça risque de tanguer sévère…

L'histoire du peuple français sur ces quarante dernières années est celle d'une famille qui accueille un réfugié. Très vite, celui-ci se plaint que la bouffe ne lui plaît pas. Que votre sœur s’habille trop sexy. Et il exige de la place pour faire sa prière. Plus. Encore plus. Puis il traite votre frère de gwer. Votre père de kouffar. Très reconnaissant pour ceux qui l’ont accueilli, il vous explique sympathiquement « Tu manges du porc, tu es un porc. » Puis il viole votre sœur (elle avait qu'à s'habiller plus pudiquement, cette sale Française). Puis il tabasse votre frère (ce roumi qui a osé le regarder de travers). Puis il exige de ne plus voir de porc dans les assiettes. Puis il ramène ses sœurs chez vous, emballées façon barbaque dans des grands pans de tissu sombre. Alors là, non, vous faites la gueule. Vous lui expliquez que ce n'est pas comme ça qu'on traite les femmes, chez vous. Que ça ne correspond pas à vos mœurs. A vos coutumes. A vos traditions. Quand il entend ces mots, le réfugié éclate de rire. Vous avez des mœurs, vous ? Des coutumes ? Des traditions ? Dis donc elles étaient bien planquées, ces quarante dernières années ! Allez, fermez la ; et si zêtes pas content, la porte est par là. On est chez nous, comme diraient les autres. Ou, pour parler comme cette charmante musulmane dont la pancarte brandie lors d’une manifestation contre l’islamophobie a fait les choux gras de l’immonde fachosphère : « Française musulmane et voilée : si je vous dérange je vous invite à quitté mon pays ». Une amoureuse authentique, on le voit, de la France, de ses mœurs et, plus encore, de sa langue…

Mais ne jetons pas la pierre à cette touchante incarnation de la fraternité (et de la féminité) française. D’une part car cela n’est pas — encore — dans nos mœurs. D’autre part car, en termes de langue française, nous sommes mal placés pour faire la leçon à cette replette analphabète… Après tout, son niveau de langue française n’est sans doute pas inférieur à la moyenne contemporaine. Combien de Français, en effet, maîtrisent encore la langue de Molière ? Combien, surtout, connaissent encore Molière ? Molière qui, il y a tout juste 350 ans, écrivit une pièce contant exactement ce qui est en train de nous arriver… Une pièce qui, si le peuple français la connaissait, lui aurait peut-être évité d’en arriver là… Une pièce dont le rôle-titre est magistralement interprété par cette femme voilée.
Cette femme voilée, c’est Tartuffe. Version 2019. Sa pancarte, c’est le slogan de Tartuffe (avec les fautes d’orthographe qui siéent à la version 2019). Cette femme est le plus magnifique hommage à Molière que j’aie pu voir en trente-cinq ans. Et sa pancarte, le plus cruel miroir que j’aie pu voir adressé au peuple français. Cette pancarte nous dit : Français, qu’avez-vous fait de votre civilisation ? Qu'avez-vous fait de vos écrivains ? Qu’avez-vous fait de votre littérature — la plus belle du monde —, qu’avez-vous fait de ces plumes enchanteresses qui alliaient la finesse d’observation à la puissance d’expression ? Votre civilisation avait engendré un écrivain qui avait saisi et exprimé avec un talent inouï ce que nous sommes en train de vous faire : vous étiez donc le peuple le mieux placé pour ne pas vous faire tartuffier ; et vous êtes le peuple le plus tartuffié de toute la planète et de tous les temps.
Français, vous auriez connu Molière, vous l’auriez chéri, moi et mes coreligionnaires ne serions pas là, en train de vous déposséder de votre pays ; mais à Molière, vous avez préféré Ruquier et Hanouna. Tant pis pour vous…

Atroce ironie de cette femme voilée qui, dans un même mouvement, nous rappelle l’une des plus grandes gloires de l’histoire de la France, et y inscrit le mot « Fin »… Suprême ironie de cette puritaine à la pudeur ostentatoire qui incarne à la fois Tartuffe, et l'extinction de toute possibilité d'un nouveau Molière...

Karl Marx écrivait que « L’Histoire se répète toujours deux fois ; la première fois comme tragédie, la seconde fois comme comédie. » En l’occurrence il avait tort : jadis comédie, Tartuffe nous revient aujourd’hui sous forme de tragédie. Échappé des planches, ce Tartuffe grandeur nature qui exhibe sa pudeur place de la République nous annonce un avenir sinistre. Car sa pancarte est un programme. Un programme très sérieux. Le programme de Tartuffe : chasser de leur maison ceux qui l'ont accueilli.
Un programme que cette musulmane dodue annonce avec d'autant plus d'aplomb qu'elle le sait parfaitement réalisable. Et pour cause : il a déjà commencé. Mettez en regard la population actuelle de La Courneuve, Aubervilliers, Roubaix, Grenoble, Vénissieux, Les Mureaux, Bondy, et celle d'il y a quarante ans. Comparez-y l'atmosphère, la douceur de vivre, la distinction des mœurs... Et constatez les effets du grand remplacement qui s'y est déroulé. Ce sont des quartiers entiers, ce sont des villes entières qui, en à peine une génération, ont changé de continent. Ce sont des centaines de milliers, ce sont des millions de Français qui ont dû fuir pour retrouver leur pays. Une fuite probablement sans fin ni frontière, si l'on en croit la détermination de nos néo-Tartuffe...
Cet exode massif autant que silencieux auquel, depuis quarante ans, a été contrainte une proportion considérable du peuple français, est un fait auquel n'ont jamais réfléchi les marquis incultes des beaux quartiers, mais dont les musulmans des quartiers ont une conscience aiguë (et pour cause : ils l'ont sous les yeux).
Aussi, quand notre Tartuffe potelée explique que les Français devront choisir entre mettre le voile et mettre les voiles, elle ne délire pas du tout : elle ne fait que poser des mots précis (bien que mal orthographiés) sur une réalité tangible, vécue, incontestable. Cette puritaine boudinée a vu les kouffars quitter son immeuble, son quartier, puis sa ville : pourquoi ne quitteraient-ils pas son pays ? Car c'est son pays. Lequel, comme son immeuble, son quartier et sa ville, est destiné à adopter ses mœurs. L’extension du Dar al-Islam a pour seules limites celles du globe… Chacun d’entre nous est voué à embrasser l’Islam. Qui signifie à la fois paix et soumission. Nous sommes tous destinés à nous soumettre, pour avoir la paix. Sinon ? Nous aurons la guerre. La guerre civile. Celle que redoutent désormais Attali et Macron.

Ah non, pardon, je m’emballe. Une fois de plus, et contrairement à ces brillants esprits dont la clairvoyance n’a jamais été prise en défaut, je confonds tout. Je ne comprends rien. Je m’emmêle les pinceaux. J’amalgame salement dans ma caboche de con. Écoutons donc la voix de la raison et du discernement, émanant de ces gens si lucides et si bienveillants qui ont guidé la France vers le Bonheur : si guerre civile il doit y avoir, ce sera de la faute des amalgames. Des stigmatisations. De l’infinie xénophobie du peuple franchouillard. Et en aucun cas de l’islam, qui est une religion de paix et de tolérance. La preuve ? Si nous la critiquons, nous aurons la guerre.

L’islam qui, en plus d’être une religion de paix et de tolérance fondée par un prophète dont toute la vie fut un hommage à la paix et à la tolérance, est considérée par l’immense majorité des musulmans de France comme passant derrière la République. La preuve ? Si nous la critiquons, nous aurons la guerre. Autrement dit, des individus qui placent la France au-dessus de l’islam attaqueront la France si elle critique l’islamY a pas à dire, c’est du solide, les raisonnements de nos élites… On comprend mieux pourquoi on en est là…
D’autant plus que leur présupposés sont faux, à nos élites qui savent tout. Contrairement à ce que ces ignares surdiplômés assènent d’autant plus péremptoirement qu’ils n’en savent rien, les musulmans qui préfèrent la France à l’islam sont minoritaires. Et ce n’est pas moi qui le dis. C’est l’Institut Montaigne, en 2016, dans une étude corroborée depuis par une autre étude de l’IFOP, parue fin 2019. Que dit cette étude ? Que 28 % des musulmans en France considèrent que la charia doit prévaloir sur le Code civil. Et que, hors ces 28 %, 25 % s’estiment un devoir d’extérioriser leur foi par un signe religieux. 25+28 = 53 %... Plus inquiétant, la proportion de musulmans pour lesquels la charia doit primer sur le Code civil (28 %, donc, sur l’ensemble des musulmans en France) monte, chez les moins de 40 ans, à… 50 %. Les moins de 40 ans, c’est-à-dire l’avenir… Il est toujours plaisant de se souvenir de ces trois chiffres, « 28+25 » et 50, quand vous croisez un connard lyrique vous parlant de « majorité silencieuse » et récitant docilement son petit catéchisme de collabo : « L’immense majorité des musulmans est modérée et respectueuse des valeurs de la République ».

La vérité est qu’il n’y a pas de « majorité silencieuse ». La vérité est que la majorité des musulmans en France n’est pas modérée, et nourrit envers l’histoire et les mœurs françaises sinon de la haine, du moins du mépris.
Et on ne peut leur en vouloir. Car pour être méprisé, il faut être méprisable. Or qu’y a-t-il de plus méprisable qu’un peuple qui crache sur son passé, piétine sa religion, dénigre ses grands hommes et ignore ses écrivains ? Qu’y a-t-il de plus méprisable qu’un peuple assez amorphe pour accepter, dans sa propre maison, que des invités remettent en question ses mœurs, ses traditions, sa conception des rapports entre les hommes et les femmes ? Un peuple assez stupide pour consentir à négocier avec des gens qui veulent remettre en cause les fondements de sa civilisation ? A de telles tentatives de subversion, la seule réponse adéquate est la torgnole. Suivie de l’expulsion. Toute autre attitude est un aveu de faiblesse. Toute discussion avec des ennemis de notre mode de vie est une légitimation implicite de leurs revendications. Lesquelles sont par principe illégitimes. Car quelqu’un que vous accueillez chez vous n’a qu’un droit : accepter vos conditions. Ou dégager. Le monde est vaste…
C’est d’avoir oublié ce simple bon sens que nous sommes en train de mourir. C’est parce que nous ne savons plus qui nous sommes, que nous ne savons plus ce que nous sommes en droit d’exiger. Et, surtout, de refuser catégoriquement… C’est parce que la France est morte en nous, que nous ne voyons pas l'aberration qu'il y a à seulement dialoguer avec ceux qui veulent y introduire le voile islamique. De tels fumiers ne méritent qu’une fin de non-recevoir bien tassée… Car la dialectique s’arrête là où notre intégrité est menacée.
Si le peuple français n’avait pas oublié qui il était, il n'y aurait jamais eu de débat sur le voile islamique. Ou il aurait duré dix minutes. A la place, cela fait trente ans que nous nous assommons d'arguties juridiques, de finasseries d'éditorialistes, de casuistique sur la sainte laïcité et autres tortillages de cerveau pour résoudre un problème que la simple conscience de son identité suffit à trancher…
Mais notre identité nous est devenue étrangère. Si étrangère que les mœurs et traditions françaises n’ont plus davantage de légitimité à nos yeux que les mœurs musulmanes. C’est ainsi que nous renvoyons dos à dos mouvements identitaires et mouvements islamistes, qui seraient « les deux faces d’une même pièce », deux « communautarismes » relevant d’une même « obsession identitaire » et menant un « même combat »… Rien n’est plus fallacieux que ces effets de symétrie créés par des journalistes au cerveau dévasté — pléonasme. Rien ne révèle davantage l’abolition de la pensée dans les rédactions et dans une large partie du peuple, que ces amalgames autorisés et même encouragés… Il est temps de mettre fin à ces amalgames idiots autant qu’odieux : les identitaires sont aux islamistes ce que les policiers sont aux délinquants. Ils rappellent les règles à ceux qui y contreviennent. De manière rugueuse, parfois maladroite, voire en commettant des bavures, ils défendent les normes et les mœurs de leur pays.
Tracer un signe d’équivalence entre identitaires et islamistes, c’est confondre l’hôte et l’invité. Le flic et la racaille. L’agressé et l’agresseur. C'est, quand une rixe survient, imputer la même responsabilité à celui qui a attaqué et à celui qui a protégé.

En renvoyant dos à dos ceux qui nous agressent et ceux qui nous défendent, nous atteignons le stade ultime du relativisme. Notre chaos identitaire se double d'un chaos mental à peine imaginable ; il en résultera un effroyable chaos civil.
De cette guerre civile, l'issue n'est certes pas écrite ; mais il y a fort à parier qu'elle prendra la forme d’un absolutisme redoutable de rigidité. Ce qui nous fera tout drôle, si l'on peut dire, après ces décennies de relativisme… Nous aurons alors tout loisir de méditer sur l'ironie de ce relativisme qui a déroulé le tapis rouge à l'absolutisme... Tout loisir, également, de savourer la paix et la tolérance que nous attribuions à l’islam…
Peut-être, alors, repenserons-nous à ces mots oubliés qui avaient agité les débats, aux prémices de la guerre : « langage orwellien », « Tartuffe » , « Taqiya »… Peut-être, alors, formerons-nous cet alexandrin avec un sourire triste : Tartuffe est un orfèvre de la Taqiya.