mercredi 2 mai 2018

Gone girls



Celui qui promettrait à l’humanité de la délivrer de la sujétion sexuelle, quelque sottise qu’il dise, serait considéré comme un héros.
Freud


Il est des détails éloquents. Des broutilles révélatrices. Des événements en apparence futiles, mais qui recèlent en vérité l’essence d’une époque. Des changements que l’on tient pour insignifiants, mais qui signalent l’émergence d’un monde totalement nouveau ; tant il est vrai que, le plus souvent, l’essentiel prend le masque du dérisoire.

La disparition des grid girls est de ces événements apparemment infimes, mais qui en vérité disent tout de notre époque. La disparition des grid girls des paddocks de Formule 1, et leur remplacement par des grid kids. Des enfants innocents, en lieu et place de femmes fatales. Des êtres asexués, pour succéder à des créatures hypersexuées. Des gamins sans intérêt (pléonasme), après le tourbillon grisant des Vénus et leurs courbes hypnotiques.
Entre les femmes lascives et les enfants lassants, l’Occident nouveau a choisi…

Fin de la libido, entrée des marmots. Fin des délices et des tortuosités de la vie adulte, place à la morne ingénuité de la vie enfantine. Fin de l’érotisme, place à la pureté. Fin de la séduction, de ses subtilités, de ses duplicités ; place au contact direct, à la spontanéité et aux relations vraies. Fin de la nuance, place à la transparence. Fin des passions, des excès, des ambiguïtés, des aléas et des désordres de la vie adulte : place à l’authenticité et à la simplicité de la vie enfantine. Place à la platitude. Place à l’ennui. Place au long dimanche de la vie occidentale. Un long dimanche aride, aseptisé, que n’anime plus aucun souffle vital (lequel est l’énergie sexuelle, et n’est que ça, quelque forme sophistiquée que celle-ci revête pour passer incognito).
L’épuration éthique de l’Occident touche au but : plus que jamais, Homo occidentalus est l’archétype de la créature castrée, inerte, hébétée… Grosse besace avachie, sans nerf ni énergie… dévirilisée… consentante à tout… même au meurtre de ses déterminants psychiques les plus essentiels…

La victoire des grid kids sur les grid girls, autrement dit de l’esprit d’enfance sur l’esprit de volupté : dans cet événement, qui ne tirera qu’un haussement d’épaules à la plupart des bipèdes occidentaux, c’est tout l’Occident contemporain qui se récapitule. C’est sa morale propre qui s’exprime. C’est sa structure mentale très particulière, c’est sa structure psychique encore plus particulière qui se font voir en pleine lumière. C’est l’anthropologie du néo-Occident qui déploie ses prestiges devant nos yeux aveugles.

Un Martien, s’il voulait embrasser d’un regard le tableau atroce de notre « civilisation », n’aurait qu’à s’intéresser à cet événement : il condense l’essentiel de notre Occident en phase terminale. Cet événement est un concentré d’Occident. A quelque niveau de lecture qu’on l’envisage, il contient une rare densité d’informations sur les forces qui se déchaînent pour faire du XXIème siècle l’épisode le plus calamiteux de l’histoire de l’humanité.

Ainsi, il n’est évidemment pas faux de voir dans ce énième recul de la visibilité des femmes une nouvelle victoire des féministes contre les femmes. Il faut en effet avoir les yeux remplis de médias pour encore ignorer que les féministes sont les pires ennemi-e-s des femmes (de même que les européistes sont les pires ennemis de l’Europe, et les antiracistes les pires ennemis du « vivre-ensemble »).
Depuis quarante ans, les féministes n’ont de cesse d’organiser l’invisibilité des femmes, sous le prétexte fallacieux de lutter contre leur réduction à leur dimension sexuelle. Jappements hystériques contre les publicités « sexistes », rugissements hargneux devant les vitrines de grands magasins exposant des femmes dénudées, etc. : les féministes font tout pour que la féminité déserte l’espace public.
Inlassablement, elles œuvrent à ce que la beauté et la grâce spécifiquement féminines, et qui sont indissociables d’une touche d’érotisme, voient leur champ d’expression diminuer. Puis disparaître. L’élégance féminine, la sensualité féminine, la douceur féminine doivent mourir, pour laisser place à l’idéal féminin des féministes : Christine Angot. C’est-à-dire Caroline de Haas. C’est-à-dire Caroline Fourest.
Christine Angot, Caroline de Haas, Caroline Fourest : voilà les Trois Grâces du féminisme. On a le droit de leur préférer les Trois Grâces de Rubens ou de Raphaël… De trouver que ces peintres respectent infiniment plus les femmes que ces féministes… d’estimer qu’en ce domaine également, c’était mieux avant… Avant, c’est-à-dire quand la visibilité des femmes n’était pas en danger. Avant, et jusqu’au Moyen Âge, quand la sensualité féminine était suggérée avec cette délicatesse, cette subtilité, cette délicieuse ambiguïté qui est le propre de la femme. Cette délicieuse ambiguïté dont les féministes, dans leur simplisme vulgaire, sont incapables de jouer, et voudraient empêcher les autres femmes de jouir.

Avec les féministes, les femmes qui assument et revendiquent leur féminité doivent disparaître de l’espace public : avec les féministes, les seules femmes qui ont droit à la visibilité sont celles qui cachent leur corps. Ce qui dénote, admettons-le, une conception assez acrobatique de la visibilité… Ce qui, surtout, constitue les féministes en ennemies authentiques des femmes. Et, donc, en alliées objectives d’autres ennemis des femmes : les islamistes. Ça vous choque ? C’est si vrai que, dans les lignes qui précèdent, on pourrait sans problème remplacer « féministe » par « islamiste ». Faites l’exercice, vous verrez, ça fonctionne parfaitement…

Féministes et islamistes : voilà l’union sacrée des ennemi-e-s des femmes. La grande alliance des puritains, pour abolir la féminité. Une alliance objective, évidente, éclatante, qui répand ses méfaits jour après jour, et que personne ne veut voir. Une alliance dont le mot d’ordre est « Puritain-e-s de tous les pays, unissez-vous ! Culs bénits de France, d’Algérie, d’Afghanistan, d’Arabie et du Qatar, tou-te-s uni-e-s contre les femmes ! » Les femmes, c’est-à-dire l’érotisme. Les femmes, c’est-à-dire l’élégance. Les femmes, c’est-à-dire cette présence singulière, irremplaçable, miraculeuse,  qui enchante l’esprit et enivre l’âme.
Les femmes, cette énigme éternelle, insupportable, qui doit être niée et remplacée par une figure primaire : l’aboyeuse anti-hommes ou la viande à burqa.

Féminisme et islamisme mènent une guerre commune à la féminité.
Féminisme et islamisme sont deux entreprises de dissimulation des spécificités féminines des femmes.
Car féminisme et islamisme sont deux puritanismes : l’un et l’autre ont en horreur la sensualité inhérente au corps féminin. L’un et l’autre méprisent l’érotisme constitutif de la femme ; plus exactement, ils le haïssent. Et, donc, le combattent. Et le combattront jusqu’à sa totale éradication. Pour ces puritain-e-s enragée-e-s, l’espace public doit être purgé de toute trace de sensualité. Donc de féminité.
C’est pour cela qu’on n’entend jamais les féministes dénoncer la condition des femmes dans les « zones de non droit » (comprenez « zones de droit islamique ») ; c’est pour cela que ces fausses amies des femmes en viennent même à contester positivement les rares relations médiatiques de l’enfer que vivent les femmes dans les territoires racaillislamisés, par exemple à la Chapelle-Pajol… Car en vérité, cet enfer les réjouit ; cet enfer fait leurs affaires. La plupart des commentateurs, invités à s’exprimer sur le mutisme du féminisme vis-à-vis de l’islamisme, s’étonnent d’une étrange et coupable « indulgence ». Mais ce n’est pas de l’indulgence : c’est de la connivence. Féminisme et islamisme, malgré leurs différences apparentes, entretiennent une connivence essentielle, dont les racines plongent d’ailleurs bien plus profond que la seule question féminine…

Il est en effet évident, pour tout observateur un peu lucide, que le vrai ressort du féminisme n’est pas l’amour des femmes, mais la haine des hommes. Que les féministes ne se battent pas pour les femmes, mais contre les hommes. Enfin, contre un certain type d’hommes… Un type d’hommes bien précis. Blanc. Hétérosexuel. De mœurs occidentales. De race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne, pour paraphraser la désormais banale confidence de De Gaulle à Peyrefitte.
C’est à ce type d’hommes qu’elles vouent une haine viscérale, instinctive, incurable. C’est ce type d’hommes, et ce type d’hommes seulement, dont elles cherchent à stigmatiser le désir, à culpabiliser le plaisir, tout en laissant le champ libre aux autres hommes, bien plus misogynes et violents… C’est ce type d’hommes qu’elles veulent intimider, inhiber, castrer ; c’est pour qu’il n’ose même plus se risquer à séduire qu’elles lui lancent dans les jambes des #metoo, #balancetonporc et autres campagnes de rééducation de l’homme blanc dont une constante est de ne jamais évoquer la seule vraie menace pour les femmes du XXIème siècle : l’islam.
Ainsi, dans un même mouvement, les féministes dévirilisent l’homme blanc, et confortent la virilité outrancière de l’homme musulman.

On connaissait la castration chimique ; les féministes ont inventé la castration psychique. Chacune de leurs offensives médiatiques et législatives est une bataille d’une guerre psychologique menée à l’homme blanc, dans le but ultime de le stériliser. Non pas physiquement, bien sûr ; mais par intériorisation des interdits et des commandements féministes. Les féministes stérilisent l’homme occidental en le châtrant psychiquement ; en lui faisant honte de sa virilité ; en criminalisant chaque expression de sa masculinité ; en le forçant, par des condamnations incessantes de ses comportements, à renoncer à ses particularités masculines. A s’indifférencier. A se féminiser. Autrement dit à se rendre sinon ridicule, du moins sans intérêt pour la gent féminine. Ainsi l’homme occidental féminisé, ou plutôt féministé, s’exclut-il de lui-même du circuit de la séduction et de la reproduction ; ainsi peut advenir le règne sans partage de l’homme islamique, à la virilité décomplexée (pour rester poli).
Ce processus est en cours. Et s’accélère. Et à ceux qui traitent ce sujet par l’indifférence ou les sarcasmes, je conseille de jeter un œil aux statistiques de natalité en France… et je donne rendez-vous dans quatre ou cinq décennies, pour relever les compteurs… sachant que quatre décennies, c’est le temps qu’il a suffi à la France pour atteindre 15% de musulmans… et que les lois de reproduction ont tendance à être davantage exponentielles que linéaires, a fortiori quand elles sont couplées à des flux migratoires massifs...
Oui, rendez-vous dans quatre ou cinq décennies… Alors, nos grands esprits nonchalants seront-ils sans doute un peu plus attentifs … Alors réaliseront-ils, mais un peu tard, que les féministes comptent parmi les premier-ère-s agents du grand remplacement. Que leurs incantations, indignations et gloussements hystériques contre le prétendu machisme d’une société prétendument patriarcale sont le paravent d’une volonté de meurtre de l’Occident. Que la dévirilisation de l’homme blanc, et son exclusion subséquente de la compétition pour les femmes, sont l’arme fatale qu’ils-elles ont trouvée pour en finir avec la civilisation occidentale. Une arme surpuissante, et aux effets irrémédiables : l’arme démographique.

Entraver la reproduction de l’homme blanc, et couvrir la prédation sexuelle des autres hommes : voilà le moyen le plus sûr d’en finir avec 1 500 ans d’Occident chrétien. 1 500 ans d’un Occident façonné par l’anthropologie chrétienne. Car ce n’est évidemment pas l’homme « blanc » au sens de la couleur de peau que haïssent les féministes (encore que...) ; c’est l’homme blanc en tant que lointain descendant de l’Occident chrétien. L’homme blanc en tant que dépositaire de la Bible et des Quatre Evangiles — malgré ses efforts acharnés, depuis deux siècles, pour liquider cet héritage honteux et devenir un athée bien docile (et tellement plus heureux…). L’homme qui, s’il a depuis longtemps tranché le lien avec ses racines chrétiennes (et ne cesse de leur cracher dessus), en conservera toujours trop de sève résiduelle aux yeux des féministes, et de tous les ennemis du christianisme.
C’est cette filiation infamante avec l’Occident chrétien que les féministes identifient et abhorrent chez l’homme blanc.
C’est cette persistance insupportable de traces de christianisme qu’elles visent en attaquant l’homme occidental.
Car les féministes sont des détecteurs de christianisme : partout où il se trouve, même travesti, défiguré ou étouffé, elles le reconnaissent avec un instinct très sûr. Aussi, mieux que quiconque les féministes savent, ou plutôt sentent, que même dégénéré, l’Occidental moyen reste un fils du christianisme. Que ses mœurs, sa façon d’envisager les rapports entre les sexes, son respect et sa délicatesse envers les femmes (sans équivalent dans les autres civilisations) restent marqués par l’anthropologie chrétienne.
C’est à cause de ce reliquat de christianisme, et pour aucune autre raison, que les féministes haïssent l’homme blanc.
C’est ce christianisme résiduel qui les pousse à vouloir liquider l’homme occidental.

Elle est là, la connivence fondamentale entre islamistes et féministes : dans la volonté d’inscrire le mot « FIN » à la grande histoire de l’Occident chrétien. Dans l’intention d’effacer tout souvenir du christianisme sur les terres où se sont écrites les plus belles pages de son histoire.
C’est que, malgré leurs différences apparentes, féminisme et islamisme procèdent du même substrat : la haine de l’anthropologie chrétienne. La détestation de la vision de l’homme, de la femme, et des rapports entre les sexes induite par le christianisme, et qui a régi l’Occident pendant plus de mille ans.
Cette aspiration à un monde débarrassé du christianisme unit féminisme et islamisme d’un lien très fort, plus fort que toutes leurs divergences (lesquelles sont somme toute mineures en regard d’un tel enjeu). Nous le voyons déjà, nous le verrons encore : la complicité entre féminisme et islamisme n’est pas près de cesser, soutenue par un antichristianisme en acier trempé.

Oh, je sais que ces explications peuvent sembler farfelues à des esprits biberonnés au catéchisme médiatique. Les concepts qu’elles articulent sont tellement étrangers au référentiel de non-pensée journalistique, les idées qu’elles développent tellement éloignées du conformisme médiatique, qu’elles susciteront immanquablement rejet ou dérision chez les cerveaux détruits par un contact incessant avec les « contenus » de leur appli Le Monde. Pour ces esprits en loques, il n’y a de vérité que dans les évangiles médiatiques que débitent les journalistes assermentés, les observateurs certifiés conformes, les commentateurs appointés et les experts homologués. Or, il est évident que des journalistes incultes et analphabètes — pléonasme — ne peuvent pas comprendre, ni a fortiori expliquer les tenants et aboutissants des événements contemporains. Ce n’est pas dans la presse, cette « fausse alerte permanente » comme la qualifiait déjà Nietzsche, que l’on trouvera la hauteur de vue, le recul historique ni surtout la substance nécessaires à la compréhension du monde. Les journalistes, ces esclaves de l’éphémère, n’ont ni la structure mentale, ni la culture, ni le temps pour cela. Ni, surtout, la curiosité. Mais ils s’en contrefoutent : ce n’est pas leur sujet. Ce sont des machines à buzzer, éternellement rivées à la surface des choses. Comme des bouchons de liège, ils sont structurellement incapables d’explorer le fond des phénomènes. Même s’ils essayaient, ils remonteraient instantanément : leur univers mental est résolument celui de la superficialité et du prêt-à-penser.
Cela étant dit, chacun est libre de les suivre… de préférer la myopie médiatique à la clairvoyance historique… Et donc de se rendre volontairement inaccessible à l’interprétation religieuse des phénomènes. C’est pourtant bien souvent la seule qui vaille. La seule qui permette de saisir les événements dans toute leur ampleur. D’identifier leur généalogie. D’envisager leurs prolongements. Car les laquais du Moderne pourront toujours hurler le contraire, du haut de leurs concepts éphémères et de leur cerveau desséché : l’homme est un être religieux, que ces pauvres en esprit le veuillent ou non. Sous des masques divers — idéologies, modes, opinions politiques, engagements militants etc. — ce sont toujours des inclinations religieuses qui s’expriment. Toutes les « philosophies » et opinions relèvent de visions de l’homme — et de la femme —  qui trouvent leurs sources dans les religions. Plus exactement, dans l’adhésion à certaines d’entre elles, et dans le rejet corrélatif des autres…

Or, un fait majeur des dernières décennies est le rejet massif du christianisme. Ce, à l’échelle planétaire.
Nous sommes les contemporains d’un mouvement mondial d’éradication du christianisme (avec une très nette intensification depuis le début du XXIème siècle). D’ici dix ans, tous les chrétiens pourraient avoir disparu du Moyen-Orient, Liban compris. En Europe, deux siècles de déchristianisation ont mis à genoux une civilisation presque deux fois millénaire ; son absorption par l’islam n’est désormais plus qu’une question de temps, sauf miracle…

Alors, c’en sera fini de la condition privilégiée des femmes dans les sociétés régies par le christianisme et ses dérivés. C’en sera fini de la place sans pareille qu’occupaient les femmes dans la Chrétienté.

En effet, aucune civilisation n’a jamais mieux traité les femmes que le christianisme. Nulle part, et jamais, la condition des femmes n’a été meilleure que dans l’Europe chrétienne. N’oublions pas que Jésus est le premier — et à ma connaissance le seul — personnage historique de premier plan à s’opposer aux violences faites aux femmes (pour employer le somptueux lexique des illettré-e-s modernes), notamment quand il dénonce la lapidation des femmes adultère : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » Six-cents ans plus tard, Mahomet ne tiendra pas tout à fait le même discours…

De fait, en terre chrétienne, la lapidation des femmes n’a jamais été ; en terre musulmane, elle n’a jamais cessé. De fait jamais, depuis que le déclin du christianisme a commencé, la condition des femmes n’a autant régressé…

C’est qu’aucune religion n’aime les femmes autant que le christianisme. Aucune religion ne leur fait une place aussi éminente. Vous en connaissez beaucoup, vous, des religions qui érigent des centaines de cathédrales à la gloire de Notre-Dame ? Vous en connaissez beaucoup, des religions qui vénèrent des milliers de femmes en les sanctifiant ? Vous en connaissez beaucoup, des religions dont l’événement fondateur — la résurrection du Christ — est révélé à une femme, ancienne prostituée de surcroît ? La naissance du Christ étant, elle aussi, le fait d’une femme… Femmes au début, femmes à la fin…tous les événements décisifs passent par les femmes, dans le christianisme… Et des religions qui suscitent des tableaux et des sculptures de femmes, vous en connaissez beaucoup ? Et pas des femmes pudibondes, hein ;  des femmes lascives, voluptueuses. Des vraies femmes. Représentées. Des femmes de marbre et de peinture. Des femmes de chair.

Mais cela ne devrait pas nous étonner : le christianisme est une religion charnelle. Le christianisme est LA religion charnelle. La seule. Une religion qui accorde une telle importance à la chair, que Dieu lui-même s’est fait chair en Jésus…

Bien sûr, quand je parle de christianisme, je ne parle pas de protestantisme, c’est-à-dire de puritanisme, c’est-à-dire d’une condamnation de la chair, c’est-à-dire d’un immense contresens sur l’anthropologie chrétienne et son rapport bienveillant au corps et aux sens.
Quand je parle de christianisme, je parle de catholicisme, ce catholicisme qui exalte la femme jusque dans son sanctuaire le plus glorieux, la basilique Saint Pierre de Rome. Saint Pierre de Rome, manifeste du catholicisme, et temple de la femme… Seins, galbes, jambes, cuisses et visages… Exubérance, opulence… effervescence… Fête inouïe des sens… Et ne parlons pas des églises jésuites, c’est-à-dire baroques… de la sensualité qui s’en exhale… de leur érotisme latent… de la fièvre qui vous envahit, si vous êtes attentif
Plus généralement, tout l’art catholique est une célébration de la femme. Un immense et merveilleux hommage à la beauté, à la grâce, à la sensualité féminines. Qu’on pense seulement à Rubens, Raphaël, Le Pérugin, Le Titien, Le Corrège… Combien de tableaux sans femmes ? Un ? Deux ? Trois pour mille ? Ne cherchez pas : les femmes sont partout dans l’art catholique. Je m’étonne d’ailleurs que cela ne suscite pas les remarques élogieuses des obsédés de la parité et autres maniaques de la mixité… Lesquels auraient pour le coup les plus grandes difficultés à pétitionner contre la sous-représentation des femmes dans l’art catholique

Mais trêve de digressions ironiques : tout cela ne nous dit pas pourquoi l’amour de la femme est consubstantiel au catholicisme. Oui, pourquoi le catholicisme accorde-t-il cette importance aux femmes (importance sans équivalent dans aucune autre religion, donc dans aucune autre civilisation) ? Pourquoi insiste-t-il tant sur la féminité ? Pourquoi le catholicisme force-t-il tant le trait, pourquoi tient-il tant à célébrer la beauté féminine ? L’élégance féminine ? La singularité féminine ?
La réponse est en partie dans la question : en plus d’être un évident hommage d’esthètes au plus beau miracle de la Création, et un rappel que le catholicisme est la religion du consentement à la chair, l’éloge de la féminité dans l’art et la pensée catholiques sert également une finalité plus pragmatique : nous mettre sous les yeux la différence des sexes. Nous rappeler sans cesse que l’homme et la femme sont des créatures différentes. Pas inégales : différentes. Le refus de l’indifférenciation des sexes, et de l’indifférenciation tout court, est en effet un marqueur essentiel du catholicisme. De la Bible au Nouveau Testament, les textes qui fondent l’anthropologie catholique sont parcourus par une terreur de l’indifférenciation.

Pourquoi cette aversion pour la confusion des sexes ?
Parce que la conscience de la différence des sexes fonde toute l’anthropologie catholique. Cette anthropologie qui, rappelons-le, a irrigué l’Europe pendant plus de mille ans, avec quand même quelque succès… Cette anthropologie dont la clef de voûte est l’idée que, si l’homme porte en lui un immense potentiel de grandeur et de bonté, il recèle aussi, inextricablement, un très grand potentiel de nuisance, une inclination naturelle à faire le mal. Inclination qu’il peut dompter par l’effort, l’éducation, l’intériorisation des préceptes chrétiens, l’apprentissage de la compassion, de la charité, du pardon, de l’amour du prochain, etc. mais dont il ne pourra jamais se départir. Une maladie incurable, avec laquelle il doit apprendre à vivre ; une maladie qu’il peut surmonter avec un certain succès, mais qui demeure malgré tout… et menace à tout instant de reprendre le dessus…

Cette idée fondatrice, extrêmement désagréable pour la vanité humaine (et à laquelle s’opposent les fantasmes de pureté originelle qui sous-tendent les idéologies génocidaires de la Révolution et du XXème siècle, communisme en tête), apparaît très tôt, dès la bien nommée Genèse, sous le nom de « péché originel ».
Dès lors, l’homme n’est plus innocent. Dès lors, il est affecté d’une prédisposition à faire le mal, d’une boiterie fondamentale qu’il devra perpétuellement combattre, s’il veut marcher droit.

Or — et c’est là que tout s’éclaire — que se passe-t-il, immédiatement après la commission du péché originel ? Quelle en est pour ainsi dire la première conséquence ?
Vous l’avez deviné, si vous avez suivi : l’homme et la femme prennent conscience qu’ils sont différents. Autrement dit, la différence des sexes est le premier témoin du péché originel. Elle y est inextricablement liée. On peut même dire que conscience de la différence des sexes et conscience du péché originel se confondent.

Nous tenons là la motivation essentielle du féminisme : le combat du féminisme pour l’indifférenciation des sexes est en vérité un combat contre l’idée de péché originel. Contre cette conception extrêmement vexante selon laquelle l’homme naît non pas innocent, mais « marquis pour le mal », comme l’avait également compris Baudelaire. C’est pour s’épargner cette blessure narcissique, et faire triompher l’image d’une humanité primitivement sans tache, pure et parfaite, que le féminisme s’emploie à faire disparaître la preuve du péché originel : la différence des sexes.

Cette différence des sexes que les grid girls incarnaient de manière flagrante, flamboyante, paroxystique ; cette différence des sexes qu’il fallait effacer en renvoyant ces femmes sensuelles en coulisses, et en faisant monter sur scène, à leur place, des grid kids. Des enfants. Des êtres sans sexe. Ainsi plus de différence des sexes : plus de péché originel. Ouf, on respire… on peut s’admirer sans entrave… se raconter qu’on n’a pas de part sombre…
Des anges…

Il y a longtemps que pour nous persuader que nous sommes des anges, notre civilisation ne se contente plus de nier la différence des sexes, mais double ce déni d’un militantisme farouche pour la confusion des sexes. En témoigne l’écho inouï qu’elle confère aux partisans du brouillage des genres — sectes féministes, lobbies gays, associations LGBT, etc. ; en témoigne, surtout, l’omniprésence des discours pédolâtres dans l’Occident contemporain.
Que ce soit dans la publicité, dans les médias, dans la bouche de nos écrivain-e-s, de nos chanteurs-ses, de nos acteur-euse-trice-treur-s, de nos animateur-eus-s-ssses et de nos artiste-e-tes plasticien-ne-s, les cerveaux occidentaux sont constamment bombardés d’éloges de l’enfance. Notre civilisation fait de l’enfant la référence suprême, le modèle vers lequel nous devrions tous tendre.

Il s’agit là d’un retournement inédit de valeurs. D’une situation sans précédent dans l’histoire de l’humanité.
Pour la première fois, l’idéal d’une civilisation n’est plus l’adulte accompli, mais l’enfant incomplet.
Pour la première fois, une civilisation exhorte l’homme non pas à s’éloigner au plus vite de son point de départ, mais à y rester rivé toute sa vie. Bébé forever…

L’Occident du XXIème siècle est la première civilisation pédolâtreAussi, contrairement à ce que nous rabâchent les perroquets des médias, notre époque n’est pas celle du vivre-ensemble : c’est celle du vivre-enfant. C’est-à-dire du vivre-asexué. C’est-à-dire du vivre avant la prise de conscience de la différence des sexes. C’est-à-dire du vivre dans le déni du péché originel.
C’est essentiellement contre le fond biblique de la civilisation occidentale que se construit l’Occident pédolâtre ; prenant à rebours de la vision de l’homme induite par le péché originel, il s’affirme comme le royaume d’une utopie de perfection, d’un fantasme de pureté originelle, d’un refus de la tension dialectique entre Bien et Mal, entre principe de plaisir et principe de réalité, qui a donné tant de grandes choses pendant tant de grands siècles… L’Occident contemporain, stérile et insipide, est l’Empire de l’angélisme ; sa pédolâtrie en est l’expression la plus aboutie.

L’éviction des grid girls au profit des grid kids n’est qu’une manifestation parmi tant d’autres de cet angélisme pédolâtre qui régit l’Occident nouveau. Cette éviction était inéluctable : il était impossible, au royaume des enfants, que soient encore tolérées longtemps des femmes lascives, survivances anachroniques de la vie adulte et de la division des sexes ; il était impossible que le grand bordel de la Formule 1 ne devienne pas lui aussi une nursery…
Ces grid girls, malgré les apparences, malgré surtout le préjugé ignare consistant à confondre puritanisme protestant et sensualité catholique, étaient essentiellement catholiques. Non pas au sens de la foi individuelle, bien sûr ; au sens où elles étaient les dernières incarnations, c’est vraiment tout à fait le cas de le dire, de l’essence catholique de l’Occident. Au sens où, en filiation directe avec toute l’histoire de l’art catholique, elles affichaient sans pudibonderie la dimension charnelle de la femme.
Au sens où elles affirmaient de manière foudroyante, sans réplique possible, la différence des sexes…

Pourtant, et bien que prévisible, cette épuration du monde de la Formule 1, suivie très logiquement de sa puérilisation, laisse un goût particulièrement amer.

La Formule 1, en effet, était le dernier refuge de la virilité occidentale. Le dernier endroit où les valeurs que notre Occident infantile tient pour des péchés capitaux — machisme, érotisme, volonté de puissance, et surtout prise de risque (jusqu’à la mort…) — étaient considérées comme des vertus.
Certes, cet ultime bastion du courage en Occident avait déjà commencé à chanceler sous les assauts du sacro-saint principe de précaution. Un principe de précaution tellement obsessionnel, maniaque, fanatique, totalitaire, qu’il faudrait plutôt parler de précautionnisme.
Cette tyrannie de la précaution avait mené à doter les voitures de F1 d’un arceau de protection dont le nom poétique (halo) dissimulait mal la laideur essentielle. Mais il est bien connu que la beauté est fille du risque, et la précaution mère de la laideur…

Quoi qu’il en soit, cette victoire du précautionnisme, c’est-à-dire du refus du risque et donc de la vie adulte, ne devait pas tarder à être suivie de celle de l’infantilisme. C’était fatal. Nous y sommes. Les marmots sont entrés dans Paris, je veux dire sur les circuits de Formule 1. Le dernier bastion de l’héroïsme occidental est tombé.
Et je ne connais guère de spectacle plus répugnant que celui de ces nuées de mioches se répandant sur les pistes de Formule 1, idiots et souriants. Sans aucun rapport avec cet univers, et pourtant parfaitement, odieusement à l’aise. Décomplexés à mort. Comme tout morveux qui se respecte.

Précautionnisme et infantilisme : les deux vertus cardinales de l’Occident 2.0 règnent désormais partout. C’est la fin d’un monde. La fin d’un monde fondé sur la division des sexes, sur les délices et subtilités de la relation entre hommes et femmes ; la fin de 1 500 ans de consentement à la chair, à la séduction, à l’ambiguïté, à l’incertitude, au désordre : à la vie adulte. Les aventures de l’humanité chrétienne sont terminées. Plus de chaos, plus d’aléas, plus de tumulte ni de passions : tout est pur, désormais. Tout est calme. Nous sommes sortis du lupanar pour entrer dans le jardin d’enfants. Bienvenue dans l’Occident pédolâtre. Bienvenue chez les anges… Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes asexués… Sauf que…

Sauf que Pascal nous avait avertis : « Qui veut faire l’ange fait la bête ». Intuition implacable, qui n’a jamais souffert d’exception : à chaque fois que l’homme a voulu nier sa part d’ombre, il en a résulté une flambée de barbarie. Une explosion de cruauté. Un déchaînement d’inhumanité. Le premier génocide remonte ainsi à la glorieuse Révolution française, laquelle n’est rien d’autre que la mise en pratique des philosophies des « Lumières » qui postulent l’homme naturellement bon (et s’opposent ainsi frontalement au principe fondamental de l’anthropologie catholique : le péché originel). Les idéologies génocidaires du XXème siècle sont à cet égard encore plus éloquentes. Toutes ces idéologies, en effet, malgré leur diversité apparente, sont en filiation directe avec les foutaises rousseauistes des « Lumières » massacreuses : toutes procèdent du même déni de péché originel. Toutes relèvent d’une utopie de perfection, d’un fantasme de pureté originelle qui aurait été corrompue par la société ou par un groupe d’individus.
Or, la spirale infernale du génocide est inscrite dans cette conception angéliste de l’homme. En effet, une fois identifiés les prétendus coupables de la corruption de l’humanité, il serait… coupable ne pas les mettre hors d’état de nuire. Si par malheur les tenants de l’idéologie détiennent le pouvoir, ils s’empressent de procéder à cette neutralisation. Or, une fois celle-ci effectuée, le mal persiste, étrangement… Il faut donc trouver d’autres coupables, et les neutraliser à leur tour. Et ainsi de suite. C’est par cette fuite en avant qu’on obtient un génocide. Tout génocide est une erreur d’identification du coupable. Un refus d’envisager que celui-ci ne nous est pas extérieur, qu’il n’est pas dans la société ou dans tel ou tel groupe d’individus, mais en nous. Que si nous sommes mauvais, méchants, imparfaits, colériques, incomplets, insatisfaits, frustrés, c’est avant tout parce que s’agitent en nous des prédispositions naturelles à faire le mal. Tout génocide vient du fait que nous nous prenons pour des anges. Tout génocide est un déni de péché originel. Un refus de la conception catholique de l’homme.

Une fois qu’on a saisi cela, il est aisé d’entrevoir ce que l’idéologie pédolâtre de l'Occident  2.0 recèle de funeste. Il est aisé de comprendre pourquoi, dans le néo-Ocident, les rapports humains sont si arides, pourquoi la compassion y est si désespérément absente, pourquoi on y chercherait en vain la plus élémentaire trace de respect. Pourquoi on y sent cette violence larvée, tout près d’exploser… C'est que l’angélisme porte en lui la barbarie comme la nuée porte l’orage. A plus forte raison, cette forme extrême, chimiquement pure d’angélisme qu’est la pédolâtrie.

L’enfant, en effet, n’est pas du tout la créature innocente que le discours contemporain nous vend : c’est au contraire un authentique monstre — un « pervers polymorphe », pour reprendre la terminologie freudienne — qui ne fait pas le mal, uniquement car il n’en a pas la capacité physique. De là vient que nous le croyons innocent. Terrible erreur d’appréciation…
Par définition, en effet, l’enfant est la créature la plus proche du péché originel, celle qui n’a pas encore pu déployer son (immense) potentiel de bonté. L’enfant est capricieux. Irréfléchi. Egocentrique. La compassion lui est étrangère. La notion de limite également. Il ne s’élèvera au-dessus de ces penchants barbares, ne deviendra généreux, bienveillant, délicat, raffiné, que s’il a la chance de se voir inculquer des valeurs, une éducation en ce sens. Mais en attendant que ce potentiel de grandeur se réalise (ou pas…), c’est un tourbillon d’intentions malsaines qui s’agite en lui. Bien malgré lui, bien sûr, et on ne saurait l’en blâmer ; mais il serait aussi gravissime de le nier. Car alors nous ne ferions rien pour brider ces élans néfastes...

Or c’est précisément ce que nous faisons. En rendant un culte à l’enfance, nous croyons honorer l’innocence ; en vérité, nous rendons hommage à ce qu’il y a de plus malsain en l’homme.

Le culte de l’enfance n’est pas un culte de l’innocence : le culte de l’enfance est un culte de la part diabolique de l’homme.

En nous prosternant devant la prétendue pureté enfantine, nous adorons le Diable. Le Diable qui, en cette occurrence, n’a jamais si bien mérité son nom de prince des contrefaçons. Le Diable, ce concept poussiéreux auquel plus personne ne croit, dont l’évocation suscite au mieux des ricanements apitoyés, conférant ainsi une formidable pertinence à la phrase de Baudelaire : « La plus belle ruse du Diable est de nous faire croire qu’il n’existe pas. » En effet, tant que nous croyons que le Diable n’existe pas, nous sommes susceptibles de le laisser étendre son empire, voire de travailler pour lui sans le savoir…

Pour ma part, j’affirme que c’est là, dans le culte du Diable, que réside le substrat de la Modernité. Que la dévotion au Diable est la véritable clef de notre époque. Qu'elle explique tous les phénomènes de notre temps ; qu'elle en résout toutes les contradictions apparentes.

Ainsi j’évoquais, au début de ce texte, l’alliance objective entre féministes et islamistes. Eh bien ce mariage du féminisme et de l’islamisme se fait sur l’autel du Diable. Le Diable est leur Maître commun : leur objectif commun étant de faire disparaître le catholicisme de la surface de la terre.

Islamisme égale soumission au Diable ? Cette assimilation choque ? Eh bien qu’on me dise, alors, comment nommer un Dieu qui appelle au meurtre des infidèles. Au tabassage des femmes soupçonnées d’adultère. Qu’on me dise comment appeler un Dieu qui enjoint ses fidèles de n’avoir aucune compassion pour ceux qui ne lui rendent pas hommage. Un Dieu qui autorise et même incite à tromper, à duper, à mentir aux mécréants…

Jour après jour, sous les formes les plus variées, le Diable étend son emprise sur le monde contemporain. Féminisme, islamisme, infantilisme, idéologies anti-catholiques (pléonasme), fantasmes de pureté, utopies d’harmonie, rêves d’indifférenciation, d’abolition de toutes les frontières entre les sexes, les cultures, les histoires de chaque peuple : les voies du Démon sont innombrables. Et on voit mal, vu l’approbation ou l’indifférence que suscite l’expansion de ces avatars du Diable, ce qui pourrait lui faire échec.

Cela dit, si salut il doit y avoir, il passera par les femmes. Si nous devons, contre toute logique (mais ce n’est pas la logique qui régit l’histoire humaine), échapper à la débâcle, nous le devrons aux femmes.
A la féminisation des hommes, à l’infantilisation de l’humanité, à l’islamisation du monde, la première réponse est de redonner à la femme sa juste place. Laquelle n’est ni sur un engin de chantier, ni sous une burqa.

Il faut que les femmes s’affranchissent des carcans et des rôles stéréotypés auxquels les assignent les féministes et les islamistes, et reconquièrent leur place. Il faut que les femmes redeviennent des femmes.

Pas des femmes qui font l’homme, donc. Pas des femmes girl power (cette misérable parodie de la virilité masculine qui n’aboutit qu’à rendre les femmes ridicules, elles naturellement si élégantes). Des femmes, des vraies femmes, des femmes féminines qui revendiquent leur statut de femme. Des femmes sans complexe, qui n’ont pas honte d’être des femmes. Et donc aucune envie de ressembler à des hommes. Des femmes fières d’être femmes. Des femmes qui chérissent leurs singularités féminines, qui cultivent leurs différences d’avec les hommes, dont le mot d’ordre pourrait être : « Pas d’amalgame entre hommes et femmes ».

Les femmes doivent reprendre leur place. Mettre fin à la confusion des sexes, qui n’engendre qu’amertume et détresse. Les femmes doivent cesser de se construire par mimétisme envers les hommes : cesser d’ambitionner d’être de pâles décalques. Elles valent bien mieux que cela. Elles méritent de s’accomplir en tant que femmes, non en tant que plagiats d’hommes. Mais pour cela, elles doivent se libérer de leurs libératrices. Envoyer foutre les féministes, calmement mais très fermement. Ne plus écouter les glapissements de ces connasses venimeuses. Traiter par le mépris ces ennemies des femmes. C’est là l’urgence absolue. La priorité des priorités.
Oui, il faut que les femmes s’émancipent du paternalisme féministe, de son escroquerie d’épanouissement dans la compétition entre les sexes ; il faut qu’elles soient convaincues qu’il n’y a d’épanouissement que dans la complémentarité entre les sexes. Dans l’acceptation — que dis-je, dans l’exaltation des différences entre hommes et femmes.

C'est aux femmes, et à elles seules, qu’il revient la lourde tâche de réhabiliter la différence des sexes. Elles ne doivent pas compter sur les hommes pour les y aider, du moins dans un premier temps : ceux-ci sont trop heureux d’avoir pu abdiquer leur virilité. Ravis de ne plus avoir à assumer leur masculinité ; de pouvoir justifier leur lâcheté par les exigences de la parité et les saints commandements de la mixité. Soulagés d’être exemptés du devoir d’avoir des couilles.

En reprenant leur place, les femmes forceront les hommes à reprendre la leur. C’est tout au moins le scénario sur lequel il faut miser. Ce scénario est rétrograde ? Ce sera ça ou la burqa. Car le chaos anthropologique engendré par la confusion des sexes ne pourra pas durer éternellement. Il se résoudra tôt ou tard, soit par une réaffirmation caricaturale de la différence des sexes, et la soumission ultraviolente de la femme à un totalitarisme masculin inédit en Europe, soit par un retour à un équilibre sain et modéré entre deux sexes complémentaires, et fiers de l’être. A nous de choisir. Aux femmes de choisir. Le féminisme, puis l’islamisme ; ou la réhabilitation des différences entre hommes et femmes. La guerre des sexes dans ses déclinaisons successives, de plus en plus violentes ; ou l’entente dans la complémentarité.

Les femmes sont à la croisée des chemins. De leur choix dépendra la civilisation dans laquelle elles vivront, ainsi que leurs filles et leurs petites-filles. Tant il est vrai qu’une civilisation peut être définie par le rôle qu’y jouent les femmes…

Une chose est sûre, en tout cas : le XXIème siècle sera celui de l’épanouissement des femmes, ou de leur asservissement ; celui de l’émancipation des femmes du patronage féministe, ou de leur inféodation à ce dernier, puis à la tyrannie islamiste.

Le XXIème siècle sera celui du retour de la Femme, ou de sa disparition.

Le XXIème siècle sera anti-féministe, ou ne sera pas.

14 commentaires:

  1. Excellent, que dire de plus ? Merci !

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  2. Bien vu! Mais malheureusement peu ou pas de réaction à cette nouvelle. La tartufferie internationale a encore frappé : "Cachez ces petits culs que je ne saurais voir..." pendant ce temps, les "vraies" violences faites aux femmes perdurent et s'aggravent dans le monde. Quand on essaye d'expliquer , comme vous le faites si bien, ce qui se cache derrière(sans jeu de mots)cette anecdote, l'ironie ou l'indifférence sont les seules réponses que l'on obtient. La connerie mondialisée est en marche, rien ne l'arrêtera, je le crains...

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  3. Cher Monsieur, c'en est presque lassant : quand vous n'êtes pas simplement bon (c'est-à-dire trop bref), vous êtes excellent. Bravo et merci. ;-)

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    1. Message bref, mais excellent.
      Bravo et merci. ;-)

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  4. Je suis bien d'accord avec vous. Il suffit que qq mères éduquent correctement leurs garçons et leurs filles!
    Tout n'est pas perdu!
    Il y a un paramètre que vous n'évoquez pas, excessivement présent dans le monde du spectacle qui est le mien: l'homosexualité. Les homosexuels ont une relation particulière à la femme et à leur propre être, qui les rend notamment incapables de se sacrifier pour une femme. Or c'est de ce sacrifice que naît toute création (épouse la et meurs pour elle).

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  5. Les trois pauvres sottes que vous mentionnez supra : les trois Graves !

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  6. Bonjour,
    Comme toujours vous visez juste et vous touchez votre cible du premier coup, même si parfois cela peut faire mal de prendre conscience de la situation particulièrement grave de notre civilisation.
    Merci de m'avoir fait prendre conscience de la dimension charnelle du Catholicisme, ce dont je ne m'étais pas rendu compte jusque là.
    Bien cordialement,
    Scipion

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  7. Absolument lumineux. Comme toujours.

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  8. Les féministes sont donc aux hommes ce que les musulmans sont à la femme: une force d'oppression sexuée... Le tableau semble noir, mais heureusement nous vivons dans un monde d'arroseurs arrosés: le gouvernement US provoque une des plus grosses crises financières de l'Histoire en appliquant une politique socialiste d'accession à la propriété immobilière, le combat hystérique contre le fascisme engendre Casapound, la traque obsessionnelle du fantomatique antisémite Blanc a laissé un boulevard pour la croissance exponentielle d'un antisémitisme bien réel et actif... Wait & see!

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  9. Les féministes...des « peineAjouir » :-)
    UnLorrain.

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  10. J'y pense en vous relisant : vous pouviez prendre un autre titre en forme de clin d'oeil cinématographique moins contemporain, à savoir *The Lady vanishes*. ;-) L'intrigue de *Gone Girl* se déduisait facilement rien qu'au résumé, soit dit en passant, comme la manière dont Irène Adler donnait la combinaison de son coffre dans *Sherlock* (la série de la BBC).
    Je l'ai déjà suggéré : vous devriez *vraiment* rassembler vos chroniques en volume. Au prochain texte, forcément excellent ! -- l'anonyme du 5 mai à 10h 45.

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    1. Mais non, enfin : Gone girls en écho lointain de Grid girls !
      Merci pour vos gentils encouragements ; mais le monde de l'édition ayant ses lois, comme la pesanteur (la formule est de Philippe Muray), je ne perdrai pas mon temps ni mon énergie, ni surtout ma dignité à ramper devant un écrivassier pour qu'il m'accorde l'honneur de défigurer mes textes, puis de me jeter quelques centimes en remerciement.
      Au prochain texte, donc, forcément libre.

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  11. Les filles pouvaient non seulement avoir quitté les grilles de départ, mais aussi être parties. :) Position envisageable et compréhensible, mais justement votre place était à côté de PhM dans une bibliothèque : que feraient vos lecteurs si votre site venait à disparaître comme a disparu le site "Mauvaises pensées" d'un nommé Becquérieux qui était excellent lui aussi ? Reste donc à faire un double du site à tout hasard : Winhttrack, nous voilà! :)

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  12. L'Histoire nous montre effectivement que souvent le salut est venu de la femme :
    - la Sainte Vierge,
    - Jeanne d'Arc,
    - ou d'autres moins connues : Jeanne Hachette à Beauvais, ...
    - ou dans l'Ancien Testament : Judith, ...

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