lundi 19 juin 2017

NKM NTM




Nat’ est tombée par terre. On ne sait pas si c’est la faute à Voltaire. Ce qui est sûr, c’est que la chute de cette bobo lugubre indigne tous les gogos. Tout au moins les gogos bobos. Ou les bobos gogos. Qui gobent tous les bobards. En un mot, les bobos.
Mais n’ironisons pas. Ne moquons pas la papesse des bobos. Car l’heure est grave : à en croire les commentaires catastrophés sur les forums de discussion, ce qui est arrivé à NKM dépasse tous les sommets d’abjection. C’est l’outrage suprême. L’offense faite à NKM. Nul doute qu’on en parlera encore dans trente ans. Non, vraiment, c’est trop horrible. Epouvantable. Impardonnable.
Pour un peu, certains commentateurs réclameraient le rétablissement de la peine de mort. Ponctuellement, bien sûr. Juste pour juger ce crime odieux. Car, voyez-vous, contre une telle barbarie, il faut une justice exemplaire. Une justice ferme. Inflexible. Il faut, pour ce crime d'une barbarie nouvelle, ajouter un barreau à l’échelle des peines.
Puis, une fois le monstre NKMophobe brisé, on redescendra dans l’échelle des peines. La justice reprendra son cours normal. Pour juger les crimes normaux.
Les 265 viols par jour, notamment. Qui donnent lieu à 800 condamnations par an. Ce qui veut dire qu’on dénombre, en France, plus de viols tous les trois jours que de condamnations pour viol tous les ans. Ce, à cause des décisions politiques de NKM et ses semblables. Des milliers de vies brisées chaque année, en toute impunité, à cause des politiques migratoires et pénales mises en œuvre par NKM et ses clones. Mais, curieusement, cela n’indigne pas nos magnifiques indignés.
Pas plus que ne les indignent les suicides de paysans. Un tous les deux jours. Ce, en répercussion du modèle économique imposé par NKM et ses sosies. « Z’ont qu’à s’adapter, ces cons », voilà toute la compassion que ça leur inspire, à nos grands compatissants. Nos authentiques compatissants.
Et les flics tabassés (par on ne sait qui) ? « C’est leur boulot. »
Les CRS qui se prennent sur le coin de la tronche des frigos lancés du 7ème étage (par on ne sait qui) ? « Ils ont qu’à changer de métier, s’ils sont pas contents. »
Les pompiers caillassés tous les soirs (par on ne sait qui) ? « C’est quand même pas si fréquent. »
Les attentats islamistes — pardon, terroristes (par on ne sait qui) ? « Vous savez, il y a moins de morts du fait du terrorisme aujourd’hui qu’il y a trente ans. »
Les filles harcelées quotidiennement (par on ne sait qui) ? « Le machisme n’a pas de religion. Ni de couleur de peau. »
Les jeunes adolescentes violées dans les tournantes (par on ne sait qui) ? « Faut pas stigmatiser. »
Les égorgements, éventrements et décapitations du Bataclan (par on ne sait qui) ? « Vous n’aurez pas ma haine. »
Faut pas stigmatiser. Vous n’aurez pas ma haine. Joli programme. Sauf, bien sûr, pour le salaud qui a commis ce crime suprême : gifler Sainte Nathalie avec un tract. Lui, alors, on peut y aller, question stigmatisation. Avec lui, on peut se lâcher, question haine. On peut l’agonir d’injures, le diffamer sans retenue, on peut lui souhaiter la prison. Pour un tract au visage.
Il faut être particulièrement inattentif pour ne pas sentir à l’œuvre, derrière les bêlements du troupeau des indignés, des sentiments bien peu nobles. Il faut être capable de bien peu de recul pour ne pas voir que sous le masque de la compassion, c’est l’ivresse de lynchage qui se déchaîne. Un lynchage en toute bonne conscience. Un lynchage certifié correct. Un lynchage humaniste.
Ce qui importe à nos indignés moutonniers, ce n’est évidemment pas la justice — dont ils se foutent comme du dernier attentat islamiste — : c’est de pouvoir lâcher la bride à leurs pulsions lyncheuses. Avec la bénédiction de la foule. Tout ce qu’ils veulent, nos humanistes homologués, c’est frapper. Mais frapper sans risque. Là où la meute leur indique de frapper. Frapper à mille contre un. Sous les applaudissements.
C’est toujours comme ça qu’ils fonctionnent. La preuve ? Imaginez la mésaventure de NKM arrivant à Marine Le Pen. Imaginez bien. On verrait, alors, s’exprimer un tout autre sens de la justice… une toute autre forme d’indignation… on entendrait de tous autres discours. C’est que les instructions implicites de la meute ne seraient pas du tout les mêmes. En pareille occurrence, l’hystérie collective commanderait de minimiser la faute du criminel — qui ne serait d’ailleurs plus un criminel, mais un citoyen légitimement énervé. Tout le monde s’accorderait à suggérer que Marine Le Pen l’a un peu cherché ; qu’après tout, c’est elle qui attise la haine, avec ses discours de haine qui montent les Français les uns contre les autres. Puis on conclurait, en grand compatissant : « Ça devait finir par arriver. »
Ainsi va l’humanité, en notre beau XXIème siècle d'humanisme et de Lumières. Ainsi va la compassion. Ainsi va le sens de la justice.
En 1947, c'est-à-dire il y a une éternité, Bernanos écrivait : « La justice qui n’est pas selon le Christ, la justice sans amour, devient vite une bête enragée. Il serait fou de penser que la justice, même débaptisée, même déchristianisée, vidée de tout son contenu spirituel, est tout de même quelque chose qui ressemble à la justice et qui peut encore servir […] On a lâché la justice sans Dieu dans un monde sans Dieu ; elle ne s’arrêtera qu’elle n’ait ravagé la terre. »

10 commentaires:

  1. J'ai trouvé, vous êtes Henri Guaino ! Vous avez le style, l'élégance, la culture d'un authentique Homme de droite d'origine catholique ayant une vision gaulliste du monde ; et le dégoût des "bobos"...

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    1. Encore raté ! Merci une fois de plus pour vos compliments, mais Guaino n'a rien d'authentique. Ou alors seulement depuis quelques jours. Guaino peut toujours critiquer : il est très lourdement complice de ce qu'il dénonce. Alors certes, il a mille fois raison de trouver son électorat "à vomir". Mais il devrait s'aviser qu'il y a autre chose qui est à vomir : c'est d'avoir servi des gens à vomir pendant plusieurs décennies. Juste parce que cela procurait un train de vie confortable.

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  2. Antoine Lachenaud, l'avocat de Vincent Debraize, a présenté la version des faits de son client à la presse. Elle diffère très largement de celle de sa victime présumée, NKM, qui l'aurait insulté et aurait simulé sa chute.

    «Dégage connard !» D'après l'avocat de Vincent Debraize, ce sont ces mots qui ont mis «le feu aux poudres» entre le maire de Champignolles et Nathalie Kosciuko-Morizet sur un marché parisien le 15 juin, en pleine campagne électorale.

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  3. Ainsi, on vous assimile maintenant à ce méprisable Guaino tout juste bon à écrire à l'opium sur des feuilles de plomb et à servir des individus aussi méprisables que lui ! Je commentais ainsi une précédente tentative de lever votre masque (et pour quelle raison cette rage ?) : "Cher Monsieur, savoir "qui vous êtes" ne présente évidemment aucun intérêt (et pour les hypothèses, on s'en tiendra à Newton et son "hypotheses non fingo") ; pour un vrai lecteur, seuls comptent les (ici : vos) textes. Vous pourriez être Baudouin de Bodinat que vos chroniques n'en seraient ni plus ni moins intéressantes ! ;-) Gardez votre anonymat, cette condition de l'ontologie du secret comme le disait un vieux Maître, et surtout, continuez à écrire !" Bis repetita semper placent !

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    1. Votre ardeur à me défendre me touche, cela dit je ne crois pas que ce cher commentateur ait eu l'intention de me blesser en m'assimilant à Guaino! Bien à vous, et merci encore pour vos encouragements.

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  4. NKM a été « agressée ». Ah ! ouais… J’ai beau faire un effort, je m’en fous complètement. Peu de temps avant, une femme avait été torturée et défenestrée parce que juive par un sympathique mahométan venu nous enrichir avec ses différences, et nos amis journalistes s’étaient alors montrés moins empressés à nous en informer. Nos « indignés » de tous bords étaient restés eux aussi fort discrets. Ce pays, ou ce qu’il est devenu après quarante ans de « gauche morale » et de « droite républicaine », est à vomir – non, ça c’est du Guaino –, que dis-je ! à chier !
    Continuez, Nicolas. A vous lire, je me sens moins seul.

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    1. "Excellent" parallèle, si je puis dire. De telles injustices sont à hurler. Et encore, je peine à me représenter la douleur des victimes et de leurs proches, devant une telle perversion du sens de la compassion et de la justice.

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    2. Et le pire est que ce sont les même « compatissants », toujours prêts à dénoncer le retour des années trente, qui se sont empressés de mettre l’assassin à l’abri dans un hôpital psy. Quand l’État et ses sbires protègent les assassins de juifs, moi ça me rappelle une certaine époque…

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  5. Je me retrouve assez dans les idées véhiculées par ce blog, si mon blog peut intéresser des lecteur de ce blog ? http://sanscouvertures.blogspot.fr/2017/06/la-structure-pyramidale-de-la-societe.html

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  6. Vous savez que dès ses origines le socialisme, qui s'était construit en réaction aux ravages dans le monde ouvrier du progressisme (ce dernier était porté déjà idéologiquement au XIXème siècle par la gauche républicaine), le socialisme et ses adeptes donc (Proudhon, Fourier, Marx, Engels etc.), ne trouvait pas stupides tous les arguments énoncés par la droite monarchiste et réactionnaire contre l'idéologie bourgeoise, et en reprenait même certains à son compte. Tout comme Mélenchon et Le Pen utilisent souvent les mêmes arguments, et se copient l'un l'autre, contre l'idéologie libérale. Jacques Sapir avait même préconisé une fusion des deux mouvement qui se recoupent idéologiquement sur bien des points, car leur division est contre productive pour les classes populaires et arrange bien la classe bobo (bourgeois hors-sols et modernes), qui ne cesse de caricaturer ces deux mouvements et de les qualifier de populistes. Alors qu'au départ il n'y a pas si longtemps le terme de "populisme" était un terme noble, pour qualifier la colère légitime des classes populaires exploitées.

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