jeudi 30 mars 2017

(anti)fascisme

« Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes antifascistes »
Winston Churchill

Le fascisme est à nos portes. La République est en danger. La démocratie est menacée.

Voilà les « arguments » que glapissent en boucle les opposants à Marine Le Pen. Tout en finesse. Tout en modération. Tout en padamalgam.

Quand on entend de telles énormités, on se dit qu’on aimerait être Marine Le Pen pour se réjouir d’avoir de tels adversaires. Tellement incapables de produire des arguments rationnels, qu’ils en sont réduits à jouer sur les peurs. Et encore, de la manière la plus ringarde, la plus gâteuse qui soit : c’est en effet Staline qui, il y a quatre-vingts ans, recommandait de traiter son contradicteur de fasciste. Méthode très novatrice, donc, et surtout hautement déloyale qui permet, à ceux qui n’ont pas l’intelligence de la controverse, d’esquiver un échange d’idées dans lequel ils se feraient ratatiner. Au passage, on voit que nos magnifiques antifascistes ont de vertueux prédécesseurs…


Se sachant incapables de rivaliser sur le terrain des arguments, ces impuissants du débat investissent à fond le terrain de l’insulte. C’est le seul où ils peuvent espérer briller, si l’on peut dire. Leur stratégie d’ « argumentation » se résume en effet à traiter Marine Le Pen et un électeur sur trois de fascistes. Quelle subtilité. Quelle clairvoyance.
Notons que ce sont les mêmes qui rugissent en permanence qu’il ne faut pas stigmatiser, nous mettent en garde contre la tentation des amalgames et le poison de la généralisation, et donnent des leçons de tolérance à la terre entière. Mais ne cherchez pas à leur suggérer qu’il y aurait là une légère incohérence : l’incohérence est leur élément naturel. Elle est l’air qu’ils respirent. Leur compagne de routine. A force de la côtoyer, ils ne la voient plus.
N’espérez pas, non plus, leur faire comprendre qu’en associant Marine Le Pen au fascisme pour la diaboliser, ils n’aboutissent qu’à dédiaboliser le fascisme. Les gros malins. Parce qu’enfin, si Marine Le Pen est fasciste, alors le fascisme, ce n’est vraiment pas grave.

Je crois savoir qu’il existe un délit de banalisation de crimes contre l’humanité. Je ne sais pas si les moulins à propagande qui radotent que les électeurs de Le Pen sont fascistes se rendent coupables de ce délit ; ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’en banalisant ainsi le fascisme, ces grands humanistes piétinent la mémoire des vraies victimes du vrai fascisme. Mais pardonnons-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils ne font en effet que porter à leur paroxysme la confusion mentale et la prodigieuse inculture du bipède contemporain, cet ignare prétentieux dont l’assurance est proportionnelle à l’ignorance.

S’ils connaissaient l’Histoire, nos Résistants 2.0 sauraient que le fascisme, c’est le refus de la contradiction au profit de l’intimidation ; la tyrannie des mots d’ordre au détriment de la controverse ; la terreur intellectuelle pour bâillonner l’échange argumenté. Bref, c’est précisément la façon que ces grands tolérants ont choisie de gérer la contradiction et le (non-) débat d’idées.

Quoi qu’il en soit, pendant que nos Héros s'activent narcissiquement dans leurs combats retardataires, les vrais dangers se développent. Le vrai cauchemar s’échafaude. Le vrai fascisme avance. Mais celui-là demande un peu plus d’indépendance d’esprit pour être perçu, et un peu plus de courage pour être dénoncé...
Car le vrai danger pour la France, en 2017, ce n'est pas le négationnisme : c'est le déni. Les vrais collabos, en 2017, ne sont pas ceux qui nient la Shoah ; ce sont ceux qui nient la menace islamiste.

La France a toujours été brocardée par ses ennemis pour avoir un combat de retard. Ce ne sont pas nos Jean Moulin 2017 qui nous aideront à rectifier cette image. Ces idiots utiles doivent en effet bien faire rire les lobbycrates de Bruxelles et les islamistes. Les vrais ennemis de la France, en 2017. Car nos résistants radoteurs vont devoir s’y faire : nous ne sommes plus en 1940.

mercredi 29 mars 2017

Sondages ou trucages ?




Les sondages ne servent pas à refléter l’opinion, mais à la façonner.


Les sondeurs ont toujours raison. Même quand ils ont tort. Surtout quand ils ont tort.

Tous ces experts à tête de logiciel, ces pompeux spécialistes, ces Messieurs Chiffres bardés de diplômes et de titres ronflants ne doutent jamais d’eux-mêmes. Eternellement épatés de leur expertise autoproclamée, la remise en question n’est pas dans leurs fonctions.

Les faits démentent immanquablement leurs pronostics ? Leurs analyses pontifiantes sont systématiquement balayées par la réalité ? Ils restent imperturbables. Toujours très contents d’eux. « Marge d’erreur », répondent-ils doctement aux critiques qui leur sont adressées. « Intervalle de confiance », ajoutent-ils sentencieusement. Et puis « méthodes de redressement imparfaites ». Et puis aussi « fiabilité empirique de la méthode des quotas ». Bref, à grand renfort de pitreries jargonneuses, ils nous expliquent que nous sommes trop bêtes pour comprendre qu’ils ont raison de s’être plantés. De même que les « artistes » contemporains, pour faire oublier qu’ils sont tout simplement nuls, enrobent leurs non-œuvres de locutions pseudo-savantes destinées à intimider le regardeur et à susciter en lui un complexe d’infériorité, de même ces charlatans nous pilonnent de sabir mathématique pour faire diversion et occulter l’essentiel : à savoir qu’ils sont infoutus de faire correctement leur boulot. Pour ce qui est des sondages d’intentions de vote, en tout cas.

Parce que pour les sondages d’opinion, il faut admettre qu’ils sont assez performants. Quand ils expliquent, par exemple, que « 74% des personnes interrogées estiment que l'islam est une religion "intolérante", incompatible avec les valeurs de la société française », on les croit volontiers ; idem quand ils constatent que « 70 % des Français sont favorables à la construction de 20.000 places de prison supplémentaires » ; ou encore « que les Français sont 86 % à penser qu’“il faut passer d’une immigration subie à une immigration choisie” » ; ou que « 7 Français sur 10 seraient pour un rétablissement des contrôles aux frontières des États de l'UE ». Oui, quand il s’agit de portraiturer l’opinion des Français, nos sondeurs sont loin d’être calamiteux. En revanche, ils se ratatinent piteusement quand il s’agit de passer à la projection politique.

Alors pourquoi ? Pourquoi cette dichotomie (pour employer la somptueuse phraséologie de nos experts) ? Pourquoi sont-ils si doués pour analyser les grands courants d’opinion, et si lamentables pour en déduire leur traduction en intentions de vote ? Est-ce parce que le premier exercice est simple, et le deuxième très compliqué ? Trop compliqué ? Mais dans ce cas, pourquoi n’assortissent-ils pas leurs sondages bancals d’un avertissement du style : « Attention, le sondage que vous allez consulter présente des marges d’erreur tellement colossales qu’il n’a aucun sens» ? De la même manière qu’un présentateur météo nous annoncerait : « Demain, il fera beau. Avec une probabilité de 50% » ?

Oui, pourquoi ne nous préviennent-ils pas clairement que leurs sondages d’intentions de vote présentent une fiabilité proche du néant, plutôt que de nous l’expliquer une fois l’échéance passée ?… Et puis après tout, si les intentions de vote sont à ce point opaques, illisibles, insondables, si les sondages afférents sont si compliqués, pourquoi ne cessent-ils tout simplement pas d’en produire, plutôt que d’induire en erreur le corps électoral, de parasiter ses intentions et, in fine, de fausser le résultat des élections ? Oui, pourquoi insistent-ils ? Est-ce parce que, comme disait le médiocre Albert Camus, « la bêtise insiste » ?

Non, en l’occurrence non. Car nos maîtres-sondeurs sont loin d’être aussi bêtes que je le suggère. Ils sont même très intelligents. Nos maîtres-sondeurs ne sont pas des incompétents : ce sont des menteurs. Des menteurs très compétents. De talentueux équilibristes du mensonge, qui pratiquent une entourloupe assez subtile consistant à produire une grande quantité de sondages pertinents — essentiellement des sondages d’opinion — pour se construire une crédibilité puis, forts de cette crédibilité, intoxiquer l’opinion au moment des échéances électorales les plus critiques. Lesquelles sont assez espacées pour que les gens aient le temps d’oublier qu’ils se sont fait truffer… et les sondeurs le temps de se refaire une virginité…
Ce système, en effet — comme d’ailleurs l’ensemble du système médiatico-politique — repose avant tout sur l’amnésie des électeurs. L’amnésie, mère de la crédulité…

Pour qui n’est pas amnésique, en revanche, l’observation des faits mène à cette conclusion implacable : les sondages ne servent pas à refléter l’opinion, mais à la façonner. Non pas à révéler les intentions de vote, mais à les influencer.
Les sondages sont une arme essentielle dans l’arsenal de propagande déployé pour dissuader les sans-dents de (mal) voter. Pour leur cacher les véritables dynamiques à l’œuvre, et leur faire croire qu’ils sont isolés. Que leur candidat(e) n’a aucune chance de l’emporter, et ainsi les maintenir dans la désespérance, et son corollaire électoral : l’abstention.

Les sondeurs, en effet, comme les états-majors des partis politiques, et contrairement au prêt-à-penser fallacieux qu’ils débitent sur les plateaux de télévision, savent très bien que l’abstention est essentiellement le fait de ceux qui contestent les choix délétères opérés depuis trente ans par les partis dits « de gouvernement » (par antiphrase, sans doute, quand on voit leurs résultats désastreux). Les perdants de la mondialisation sauvage. Ceux qui vivent dans leur chair les conséquences atroces de l’utopie sans-frontièriste ; ceux qui subissent l’insécurité économique, physique, identitaire et civilisationnelle engendrée par l’abolition des frontières économiques et migratoires.
Ceux dont l’existence est tissée de boulots précaires, de périodes de chômage, d’humiliations, d’agressions, de soumission à la loi des racailles et des islamistes.
Ceux qui, loin des abstractions idéologiques du Monde et de Libé, expérimentent grandeur nature les voluptés de la concurrence libre et non faussée, et les délices du multiculturalisme. Ceux qui, à rebours de la fable de la mondialisation heureuse, vivent la réalité de la mondialisation hideuse.
Ceux qui, écœurés par les incohérences, les reniements et les trahisons de le classe politique, ont fini par perdre toute confiance et tout espoir en elle — surtout depuis la haute trahison du traité de Lisbonne…
Ceux qui, ne croyant plus, ne votent plus ; ceux qui, par l’abstention, signalent qu’ils ne sont pas dupes du simulacre de démocratie qui a cours dans notre pays depuis que leurs « représentants » l’ont transformé en une province de l'Empire européiste.

Ceux qui, s’ils se mobilisaient, auraient de fortes chances de renverser cette classe médiatico-politico-merdique qui leur fait tant de mal. Ceux dont l’éloignement des urnes est donc, pour l’oligarchie euromaniaque, une nécessité vitale : ceux qu’il faut à tout prix décourager de voter.

Les sondages remplissent cette fonction inhibitrice. Ils minimisent l’ampleur et la puissance des élans de contestation du système pour entretenir l’abstention chez ceux qui, déjà, inclinent de plus en plus à se résigner au cauchemar. Les sondages sont des machines à briser tout espoir de changement ; des machines à maintenir les classes populaires dans l’abstention ; des machines à reconduire ad vitam au pouvoir les mêmes clones immigrationnistes, communautaristes et libre-échangistes — bref, européistes. C’est ce qu’on appelle l’alternance… Voilà le seul véritable rôle des sondages. Il est crucial.

Je suis parano ? Je délire ? Peut-être. Mais alors la réalité est encore plus parano, encore plus délirante que moi.
Pour ne prendre qu’un exemple, considérons donc celui, emblématique, du premier tour de l’élection présidentielle de 2012. Que prévoyaient nos si performants, nos si impartiaux spécialistes des intentions de vote dix jours avant le scrutin ? « Mélenchon distance Marine Le Pen » ; « Le candidat du Front de gauche s'impose comme le troisième homme de la présidentielle ». Mélenchon : 17% d’intentions de vote. Marine Le Pen : 15%. Soit Marine Le Pen 2 points derrière Mélenchon.
Et que se passa-t-il, dix jours plus tard ? Que titrèrent hypocritement nos faussaires médiatiques ? « La surprise Le Pen ». Marine Le Pen : 18% des voix. Mélenchon : 11 %. Soit Marine Le Pen 7 points devant Mélenchon. De « -2 » et « +7 » en dix jours. Dix jours, donc, pour remonter de 9 points. Dix jours pour passer de « Marine Le Pen distancée par Mélenchon » à « Mélenchon écrasé par Marine Le Pen ». Et il y a encore des gogos pour faire confiance aux sondages… pour croire qu’ils sont autre chose que des instruments de manipulation de l’opinion, destinés à enrayer les dynamiques menaçantes pour le système en place. Sans ce sondage, qui avait pour but de dissuader les électeurs de Marine Le Pen de voter, le score de celle-ci eût été bien plus élevé…

Les sondages sont une science. Mais une science au service d’un système. Une science prostituée. Philippe de Villiers ne dit pas autre chose quand il explique qu’ « aujourd'hui, pour faire de la politique, il faut avoir beaucoup d'argent pour acheter les sondages, car ils sont prescripteurs et structurent l'offre. »
Ce n’est donc pas demain, et surtout pas dans les semaines à venir, que nous pourrons consulter des sondages fiables. Les petits Lyssenko des sondages sont aux ordres. Certes, nous ne sommes pas encore en URSS où, lors de la Grande Terreur en 1937, des statisticiens un peu trop attachés à la vérité furent emprisonnés pour « violation profonde des fondements élémentaires de la science statistique et des instructions du gouvernement ». Mais enfin, l’esprit de défense du système est le même.

Ainsi, la petite musique qu’on entend monter depuis déjà quelque temps est « Marine Le Pen battue au second tour dans tous les cas de figure. » C’est ce petit refrain bien décourageant qui sera rabâché jusqu’à l’échéance de mai prochain. Que cette idée s’imprime bien dans la caboche des sans-dents. Que ces sales beaufs nauséabonds ne s’avisent pas de se rendre aux urnes. Que ces dégueulasses partisans du repli sur soi laissent les idéologues et les technocrates poursuivre tranquillement leur travail de saccage des nations, et de destruction de la civilisation occidentale.

Cette technique, cependant, commence à montrer des signes d’usure. Tout se passe comme si des grains de sable étaient apparus dans la vaseline... Election de Trump… Vote en faveur du Brexit… Deux échéances électorales majeures, que les sondeurs ont une fois de plus tenté de manipuler. « Hillary Clinton va remporter la présidentielle : c’est mathématique » pouvait-on encore lire sur BFM TV, à quelques heures de l’élection triomphale de Donald Trump…
Or ces événements, qui ont une fois de plus lourdement disqualifié les instituts de sondages, sont encore assez récents pour que les Français s’en souviennent dans cinq semaines… et ne soient pas dupes, cette fois… D’où l’extrême fébrilité du clergé européiste. D’où leur panique. D’où leur aigreur. Les dévots de l’Eglise mondialiste (ou européiste, c’est la même chose) sentent bien que leur désaveu croît de jour en jour. Ils sentent se rapprocher l’odeur fétide des poubelles de l’Histoire… qui s’ouvrent devant eux… prêtes à les engloutir…

Alors ils vont jouer leur va-tout. Dans les semaines qui viennent, ils vont nous pilonner de propagande, d’intimidations, d’insultes et de menaces. Pour complexer le peuple, pour entraver la libre expression de ses aspirations, ils vont pousser à leur paroxysme leurs talents de terroristes intellectuels. Aucune leçon de morale, aucune stigmatisation des mal-votants, aucune référence ridicule aux années 30, aux heures les plus sombres de notre Histoire et à la République en danger ne nous seront épargnées.
Pour décourager le peuple, ils vont marteler jusqu’à la nausée le mythe du plafond de verre ; ils ne s’interdiront aucune désinformation, aucune manipulation, aucun fact-checking mensonger, aucun décodage fallacieux. Ni, bien sûr, aucun sondage truqué. Nous pouvons leur faire confiance : pour défendre leur système ignoble, les apparatchiks du mondialisme vont donner le meilleur, c’est-à-dire le pire d’eux-mêmes. Car c'est désormais pour eux une question de vie ou de mort. Surtout de mort.

samedi 25 mars 2017

Vivre à crédit ou vivre libre ?

« Il y a deux façons de conquérir et d’asservir une nation : l’une est l’épée, l’autre la dette »
John Adams

Il paraît qu’il ne faut pas jouer sur les peurs. Ni mentir aux Français. Que c’est une insulte à leur intelligence.
Si nous sortons de l’euro, nos créanciers vont se fâcher tout rouge. Et les taux d’intérêt vont exploser. Et nous ne pourrons plus emprunter. Et la France sombrera dans le chaos.
Ainsi parlent nos experts accrédités. Je ne sais pas s’ils jouent sur les peurs ; chacun jugera, selon son goût pour la comédie. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’ils mentent. Au moins par omission.

Car si l’on peut effectivement s’attendre à ce qu’une sortie de l’euro provoque une hausse des taux, s’obnubiler sur cette perspective est fallacieux. Car ce qui compte, dans la sortie de l’euro, ce n’est pas un de ses effets isolé : c’est la résultante de tous ses effets. C’est en examinant cette résultante que nous saurons s’il est opportun de sortir de l’euro ; comme le meilleur moyen de savoir s’il fut opportun d’y entrer est d’observer, 17 ans plus tard, sa résultante sur notre économie, notre industrie, notre chômage…
« Avec l’euro, on rira beaucoup plus » nous annonçaient ceux qui, aujourd’hui, nous annoncent l’apocalypse en cas de sortie de l’euro. « L’euro nous apportera la paix, la prospérité, la compétitivité » prédisaient-ils. « L’euro, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité », prophétisaient-ils. « L’euro est la réponse d’avenir à la question du chômage », promettaient-ils.
17 ans plus tard, nous avons 6,5 millions de chômeurs. 85% des embauches se font en CDD. 15% des Français vivent sous le seuil de pauvreté. Depuis l’introduction de l’euro, la production industrielle française a chuté de 12% ; l’espagnole de 15% ; l’italienne de 21%. En Espagne, la moitié des jeunes sont au chômage ; 1 salarié sur 3 gagne moins de 750 euros par mois. Au Portugal, 1 salarié sur 5 gagne touche moins de 400 euros. En Grèce, le taux de suicide, longtemps un des plus bas du monde, atteint des sommets terrifiants. La zone euro affiche la croissance économique la plus faible au monde.
Mais répétez avec les dévots de Saint Euro : la vie avec l’euro, c’est le paradis ; et la vie sans l’euro, ce serait l’enfer. Allez, reprenez en chœur : la désindustrialisation, le chômage de masse, ce n’est pas aujourd’hui, depuis que nous avons l’euro ; ce sera demain, quand nous n’aurons plus l’euro. Amen.

Outre qu’elle est profondément malhonnête, puisqu’elle occulte le bilan désastreux de l’euro, et cache obstinément les effets positifs d’une sortie de l’euro, la rhétorique des adorateurs de l’euro est révélatrice de la vision glaçante qu’ils ont de la France — de «  ce pays », comme ils disent avec mépris. Leur discours est en effet un discours de renoncement. Et de servitude. Hors de la Dette, point de salut : voilà leur slogan. Par quoi l’on voit que des eurolâtres sont avant tout des défaitistes. Ils apparaissent en effet incapables d’envisager que la France se finance autrement que par l’endettement. La création de richesse ? Vous n’y pensez pas ! C’est dépassé, enfin, dans la France de 2017 ! Ce n’est pas moderne ! Et bien trop fatigant ! D’ailleurs regardez comme les taux sont bas ! Ce serait dommage de ne pas en profiter, non ?
L’obsession des fanatiques de l’euro pour les conditions d’emprunt en dit long sur la (non-) ambition qu’ils nourrissent pour la France ; elle traduit leur résignation à ce que « ce pays » soit une sorte de chômeur surendetté, léthargique, croulant sous les engagements, harcelé par une nuée d’organismes de crédit à la consommation pour honorer des emprunts qu’il ne remboursera jamais, faute de pouvoir un jour retravailler.
Dans cette logique, l’euro est effectivement indispensable : quand on ambitionne de vivre à crédit, le seul paramètre économique qui importe est le niveau des taux. C’est la voie qu’ont choisie les eurolâtres. La vie sous perfusion. Leur discours les trahit, qui se concentre exclusivement sur la question des taux d’emprunt. C’est-à-dire du prix de la perfusion.

Mais il existe une autre voie. Une voie suivie avec constance pendant des millénaires, par tous les peuples du monde. Une voie qui repose sur une idée révolutionnaire : vivre de son travail.
Cette voie, c’est celle de la création de richesse.

Si l’on choisit cette voie, les taux d’intérêt deviennent un paramètre économique parmi d’autres. Pas négligeable, bien sûr : il semble illusoire, tout au moins à court-terme, de ne plus du tout s’endetter. Mais d’autres paramètres entrent alors en compte, bien plus décisifs que les taux d’intérêt. Parmi eux, la force de la monnaie. Si elle est trop élevée, elle ruine notre compétitivité et nous oblige, pour essayer de compenser, à comprimer les salaires. C’est ce qui se passe en Espagne et au Portugal, où la (relative) baisse du chômage dont se réjouissent nos experts ne se fait qu’au prix d’une formidable déflation salariale. C’est aussi ce qui se passe en France, dans une moindre mesure… C’est à vrai dire ce qui se passe dans tous les pays de la zone euro hors Allemagne ; l’Allemagne est en effet le seul pays pour lequel l’euro est trop faible — c’est le FMI qui le dit. C’est la raison majeure pour laquelle, alors que les industries de la zone euro se sont effondrées depuis l’introduction de l’euro, la production industrielle allemande s’est, elle, amplifiée de… +34% !

Nous sommes face à un dilemme : l’outil qui nous permet d’emprunter à taux bas est également celui qui nous empêche de créer de la richesse. L’outil qui nous permet de vivre à crédit est celui qui nous met au chômage.
Pour trancher ce dilemme, il faut et il suffit de savoir quelle est notre conception de la France. D’identifier quelle ambition nous avons pour elle — et, par conséquent, pour nous et nos enfants. La vie sous perfusion, ou le déploiement des énergies ? Le rabougrissement, ou l’expression des talents ? L’assistanat, ou l’accomplissement ? La consommation, ou la création ?
Autant de questions derrière lesquelles on voit se profiler d’autres interrogations, plus fondamentales. Autant de questions à travers lesquelles on sent bien que l’enjeu du maintien de la France dans l’euro n’est, en vérité, qu’accessoirement économique.

« Il y a deux façons de conquérir et d’asservir une nation ; l’une est l’épée, l’autre la dette », disait John Adams. C’est ce qu’avait compris Napoléon, qui exécrait les financiers : « Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. » C’est ce qu’avait compris de Gaulle, qui refusa toujours farouchement d’endetter la France : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille. » C’est ce qu’avaient compris tous les dirigeants de la France jusqu’à la génération de traîtres qui, il y a quarante ans, a pris les commandes, et les a progressivement transférées à des intérêts privés, nous dépouillant ainsi de notre indépendance et de notre liberté. L’adoption de l’euro fut le point d’orgue de ce processus de dépossession et d’asservissement. « Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays, et je me moque de celui qui écrit ses lois » disait Mayer Amschel Rothschild. Oui, le Rothschild de la banque où a officié M. Macron…
L’euro donne corps à la prophétie de Rothschild. C’est le cauchemar que vit la Grèce, qui est tombée dans le piège de la dette. Elle a cru qu’elle pourrait vivre éternellement à crédit. Elle réalise cruellement que tout cela n’était qu’un leurre. Aux promesses d’une vie facile, ont succédé l’humiliation et la misère. La Grèce est en train d’en mourir, de la manière la plus atroce qui soit… Obligée d’aller régulièrement quémander auprès de ses bourreaux les fonds qui lui permettront de prolonger son agonie. C’est l’avenir qui nous attend, si nous ne sortons pas au plus vite de ce piège.

Recouvrer notre indépendance et notre liberté : voilà la vraie raison pour laquelle nous devons sortir de l’euro. Elle prime sur toutes les autres. Elle suffirait à elle seule, si nous ne savions de surcroît que la maîtrise de la monnaie est une condition indispensable à notre performance économique.
Si nous n’accomplissons pas cet acte d’émancipation, notre avenir sera celui de la servitude. De l’humiliation perpétuelle. Il se réduira à ramper pour obtenir des prêts. A nous prosterner bien bas devant nos créanciers, à nous soumettre à leurs exigences les plus sévères pour qu’ils daignent nous verser de quoi survivre. Toujours garder en tête l’exemple de la Grèce… Et ceux qui trouvent que j’exagère, que je joue à mon tour sur les peurs, feraient bien de s’aviser que cela a déjà commencé : nos 2 000 milliards de dette ne viennent pas de nulle part… Nous partons seulement de plus haut que la Grèce ; mais la destruction de notre appareil productif, et donc de notre capacité de vivre de notre travail, est en cours… et déjà bien avancée…
Les arguments des avocats de l’euro le révèlent assez : l’euro est la monnaie de la vie à crédit. De la vie sous perfusion. Petit à petit, il ronge notre capacité à créer, à travailler, et nous enferme dans la passivité, la dépendance aux marchés. De ce genre de scénario, il est vain d’espérer une issue heureuse. Il est donc temps de sortir de ce chemin de servitude dans lequel nous ont engouffré nos « dirigeants », et de renouer avec l’esprit de grandeur porté par de Gaulle et par Napoléon. Oui, il est plus que temps de tourner la page de ces quarante années de trahison. Il en va de notre dignité, de notre honneur, de notre indépendance. Il en va de notre liberté.