samedi 15 août 2015

L’antifascisme en une minute



« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature »
Noam Chomsky

« Donnez aux journaux la directive de commencer dès demain à couvrir d'injures nos opposants, à les ridiculiser par tous les moyens »
Lénine




« Le Front national est un parti fasciste qui capitalise sur la haine de l'Autre. »
« Le Front national est en dehors des limites du pacte républicain. »
« Le Front national est un parti dont les idées portent atteinte à la démocratie et aux valeurs républicaines. »
« L’antisémitisme et le racisme sont le ciment du Front national. »
« Marine Le Pen fait la campagne d’Hitler. »

Et la République est en danger. Et la Démocratie menacée. Et il est urgent d’entrer en Résistance. Saint Hessel priez pour nous.
Depuis trente ans, toujours les mêmes incantations glapissantes, jamais d'explications. Toujours les mêmes affirmations péremptoires, jamais de preuves.
Et ne demandez pas d'explications à ce charabia spongieux, sinon c'est que vous êtes vous-même fasciste.

Nos Jean Moulin en carton feraient bien de s'aviser que l'essence du fascisme, c'est précisément le refus de la discussion au profit des injonctions. La substitution des slogans aux explications, des réflexes à la réflexion. Le choix de l'intimidation au détriment de l'argumentation. Le recours non pas aux arguments, mais aux hurlements pour combattre les opinions divergentes.

Nos résistants de salon apprendront également que Staline, docteur ès goulag, préconisait de traiter son adversaire de fasciste pour le disqualifier, le salir (autrement dit, le diaboliser...) et s’épargner ainsi une discussion argumentée. D’investir le terrain de la condamnation morale pour éviter d’être entraîné sur celui, bien plus glissant, des arguments et des faits. De substituer la calomnie à l’affrontement loyal. Grand classique : quand on n’a rien à opposer à la contradiction, on s’en prend au contradicteur…

Enfin, ces idiots utiles, ces dupes de toutes les impostures se souviendront des paroles du coton tige Lionel Jospin (une fois retiré des affaires — pas fou l’animal) : « Avec le Front national, nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. Tout antifascisme n’était que du théâtre » .

Autrement dit, la très originale, très courageuse et très tolérante haine du F-Haine agit comme un efficace révélateur de conformisme. Un signe incontestable de crédulité. Elle traduit une naïveté sans borne, une extraordinaire paresse de l’esprit, un renoncement total à exercer son discernement, son intelligence, ses plus élémentaires capacités d’observation. Quand on s’approche du bétail à propagande, qu’on écoute un des ces innombrables moutons, pétri de ses certitudes d’ignorant, réciter son catéchisme antifasciste en bêlant docilement — sans jamais argumenter, et pour cause — contre le danger fasciste, le retour de la bête immonde et la démocratie en danger, on peut être sûr d’avoir affaire à quelqu’un dont l’esprit critique n’est plus fonctionnel. Quelqu’un qui a abdiqué toute lucidité, toute capacité à examiner les discours qu’on lui soumet, toute exigence d’honnêteté intellectuelle. Quelqu’un dont le sens de la vérité a été anéanti par des décennies de conditionnement, d’endoctrinement, de formatage idéologique. Un esclave des médias, manipulable à souhait, consentant à tous les enfumages, à toutes les désinformations. Un complice objectif du totalitarisme idéologique qui répand ses ravages depuis trois décennies, et occulte la préparation sur notre sol d’une tragédie sans précédent.
Ne pas être dupe, donc, de l’escroquerie sémantique consistant à nommer une chose par son contraire — spécialité typique des totalitarismes : le prétendu « antifascisme » est en vérité la forme la plus achevée de fascisme observable à ce jour. Il en a les méthodes (désinformation, propagande, dressage idéologique), le sectarisme, l’intolérance hystérique, le goût immodéré des slogans et la haine du débat, le traitement des contradicteurs par l’intimidation et la calomnie, et la connivence avec les franges les plus barbares de la population. L’antifascisme est aujourd’hui le déguisement que prend  la complaisance pour les plus noirs desseins de destruction de la France. Il est la parure avantageuse dans laquelle se drape l’esprit de soumission et de collaboration. Mais cette imposture va finir. L’éclaircissement sémantique est en cours. Les yeux se dessillent. Les masques tombent. Les charlatans de l’humanisme font de moins en moins recette. Bientôt, ils raseront les murs. Car le temps n’est plus loin où tout le monde comprendra enfin qu’« antifasciste » signifie « collabo ».

8 commentaires:

  1. Il est parfait ce texte.

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  2. Ce serait de Churchill :

    "les fascistes de demain s'appelleront eux mêmes anti fascistes"

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    1. L'exemple type de cette maxime : http://ripostelaique.com/manuel-valls-si-les-francais-elisaient-marine-le-pen-en-2017-nous-suspendrions-le-processus-electoral.html

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  3. Un vrai plaisir cet article.

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  4. A propos de bêtise, j'ai travaillé dix ans comme enseignante, si vous saviez à quel point les professeurs sont les premiers à avaler tous les mensonges médiatiques et à préférer un petit roupillon ou des échanges de photos par SMS à l'étude raisonnée de leur matière, vous seriez impressionné. Les parents confient l'esprit et l'âme de leurs enfants à des gens à l'intelligence très primaire et, dans l'enseignement catholique, dont 95% sont anti-catholiques. Mais ils continuent à vilipender les rares courageux qui veulent vivre selon leurs convictions et créent des écoles vraiment libres. Cette propension de l'homme, né libre et intelligent, à apprécier la soumission et la bêtise, est fascinante. Les écoles et lycées sont de vastes structures où les buts affichés sont "le bien-être" et "l'emploi, le marché du travail, l'insertion sociale". La question de la transmission d'un savoir ne se pose même plus. Et je n'exagère absolument pas.
    J'ai assisté à un oral de bac (TPE) dont le sujet était: les intellectuels français et allemands durant la deuxième guerre mondiale. Comme souvent dans les TPE, la forme était très travaillée pour masquer un fond un peu indigent. C'est comme pour les power point: plus on fait de petites animations, plus le fond est inexistant. Bref. Quelques noms d'intellectuels ont quand même émergé, l'ensemble n'était pas trop mal compte tenu du niveau général. Eh bien ma collègue a posé des questions précises sur le rôle de l'Eglise et la soi-disant collaboration bien connue des élites catholiques. C'était elle l'historienne, pas moi, mais j'ai osé glisser un mot sur l'encyclique du pape de l'époque condamnant le nazisme... Ma collègue, professeur d'histoire en terminale, n'en avait jamais entendu parler.

    Voilà. C'est un exemple parmi d'autres de professeurs qui ne lisent plus depuis leurs cours de préparation au capes et qui eux non plus n'exercent aucun examen critique sur leurs propres cours ou les programmes qu'on les somme de réaliser en cours. Quand vous vous rebellez, que vous dites que vous ne voyez pas pourquoi vous vous feriez la courroie de transmission de gens que vous ne connaissez pas, qui décident pour le restant de votre carrière du contenu de vos propres cours, c'est vous qui êtes considéré comme un déviant et un dangereux individu.
    Là encore, je n'exagère pas.

    Quand on pense à la liberté et à l'esprit d'examen qui régnait il n'y a pas 40 ans, on est impressionné par la vitesse à laquelle la bêtise, l'intolérance et la veulerie s'installent sur les ruines du christianisme, et l'islam ensuite prospère sur cette bêtise et l'oubli abyssal de tout, absolument tout, vraiment tout ce qui nous a été transmis dans nos corps et nos esprits depuis des millénaires.

    Si encore nous étions des fils prodigues, mais non. Il n'y a plus de pères dans nos sociétés. Nous ne sommes que des fils indignes, et nous ne nous reconnaissons plus fils de personne.

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    1. Merci d’avoir pris le temps de m’écrire ce témoignage. J’y suis très sensible.
      Je n’ignore pas la situation tragique (je voulais écrire « tragi-comique », mais en l’occurrence je n’ai pas envie de rire : car il s’agit d’un crime de masse perpétré contre des générations entières d’enfants, contre leur intelligence, leur liberté, leur potentiel d’accomplissement) que vous évoquez, mais il est bon de la voir rappelée par quelqu’un qui l’a vécue, de l’intérieur.
      Réalité glaçante : nos enfants sont entre les mains de moulins à propagande, de crétins et d’incultes. Jamais l’enseignement n’a été aussi religieux (j’entends ici ce mot au sens péjoratif de « religiosité » ; si vous m’avez lu, vous savez bien que je n’étends pas cette acception à la sublime religion catholique). Aussi dogmatique. Aussi sectaire. Aussi hostile à la raison. L’école est devenue le temple du politiquement correct. A chaque heure, on y célèbre la messe du prêt-à-penser.
      Nos enseignants sont des prêtres. Des dévots du Moderne. Ils n’enseignent pas, ils prêchent. Ils ne transmettent pas, ils font la morale. A grands coups de propagande, de contrevérités, d’énormités historiques, ils farcissent le crâne de nos enfants du catéchisme médiatique (qui est comme de juste, et avant tout, un catéchisme anticatholique). Terrifiant endoctrinement…
      Cependant, il faut bien tenter de conjurer la détresse qui ne peut que nous gagner devant un tel constat. Pour ma part, j’observerai toujours avec amusement l’extraordinaire assurance de l’ignorant. Le stupéfiant aplomb de l’inculte qui, moins il sait, plus il assène. Moins il connaît, plus il affirme. Aussi tranchant qu’ignorant. Aussi catégorique que vide d’arguments. Pour compenser, sans doute…
      Je m’interromps ici, et vous remercie encore pour votre témoignage. Nous n’avons pas d’autre choix que de persévérer : la dignité l’exige, et il en résultera assurément de beaux fruits, d’une manière ou d’une autre.

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