mercredi 3 décembre 2014

Communisme et catholicisme



« Le monde est plein d’idées protestantes raisonnables. »
Philippe Muray



Parmi les nombreux personnages grandioses qu’engendre notre époque, il en est un qu’il s’avère particulièrement savoureux de gifler. Un modèle d’humain très bas de gamme, d’une exceptionnelle médiocrité, mais persuadé d’être très malin. Un moulin à poncifs, un perroquet docile des plus grotesques stéréotypes de son temps. Je veux parler du petit morveux ignorant, mais éternellement épaté de lui-même, qui n’a jamais lu une seule ligne des Evangiles mais débite sans la moindre hésitation l’énormité suivante : « Jésus fut le premier des communistes ». Il est temps de balayer une bonne fois pour toutes ce lieu commun inepte.

Le communisme est l’antithèse absolue du catholicisme : archétype de l’utopie et triomphe du principe de plaisir, le communisme exige le paradis sur terre ; le catholicisme prend acte de l’imperfection irrémédiable de la vie terrestre, et en accepte les principes de souffrance et d’effort.

Catholicisme et communisme procèdent de deux visions de l’homme radicalement antagonistes. Celui-ci récuse l’idée de péché originel, celui-là en procède.
Le fantasme de pureté originelle qui sous-tend le communisme mène à la volonté farouche de trouver des responsables à ses déboires, et à leur extermination.
L’amour profond de l’homme, l’acceptation des imperfections humaines dont procède le catholicisme le conduit à une exigence d’amélioration, certes, mais sans intransigeance, sans haine, toute en indulgence et bienveillance.

Le catholicisme accepte l’homme dans ses défauts (cf. le dogme du péché originel et l’exhortation au pardon) tout en l’engageant à les canaliser, à combattre sans cesse la barbarie intime qui menace à chaque instant de prendre l’ascendant ; le communisme croit en la pureté originelle de l’homme, ce qui le conduit à chercher perpétuellement les coupables de sa corruption, à traquer les salauds qui ne rentrent pas dans l’épure du Progrès, et retardent l’avènement de leur chimérique « homme nouveau », puis à les supprimer physiquement (cf. les 100 millions de morts du communisme — au bas mot — sans compter ceux qui continuent à mourir de famine ou de torture dans le paradis communiste de Corée du Nord).

Autrement dit, le communisme fantasme un homme idéal, et liquide les hommes réels ; le catholicisme accepte l’homme imparfait, et épanouit les hommes réels.
Le communisme postule que l’homme est originellement innocent, en vient à voir des coupables partout, et les éradique. Le catholicisme voit des pécheurs partout, leur pardonne et les sauve.

Comme son nom l’indique, le communisme a pour principe la primauté du collectif, de la communauté sur l’individu ; le catholicisme est résolument individualiste (je n’ai pas dit égoïste), il a à cœur l’épanouissement individuel, l’accomplissement de chacun comme être unique et non réitérable.

Pas une fois les tentatives d’application concrète du communisme n’ont porté de bons fruits ; il serait peut-être temps de se demander pourquoi.
Mis en application, le catholicisme a suscité les plus grandes civilisations, les plus belles œuvres d’art, les peintres les plus grisants, les plus somptueuses architectures.
Seuls les ignorants, les aveuglés volontaires et les gâteux soutiennent encore que « le bilan du communisme est globalement positif » ; seules l’inculture crasse ou la haine fanatique du catholicisme peuvent conduire à contester que « le bilan du catholicisme est grandiose, en gros et en détail ».

Lénine, Staline, Pol Pot, Mao, grands bienfaiteurs de l’humanité, n’ont pas grand chose de commun avec Grégoire XVI, Pie IX, Pie XII,  Jean-Paul II ou Benoît XVI, tant en terme de personnalité que de bilan.

Les carnages, les bains de sang sont inscrits dans l’utopie communiste, ils en sont les corollaires inévitables (l’Histoire l’a assez démontré) ; les erreurs et les crimes commis par certains membres de l’Eglise sont des trahisons des Evangiles. C’est une différence colossale.

2 commentaires:

  1. Un petit siècle d'expériences calamiteuses contre deux mille ans d'histoire brillante et l'édification d'une civilisation à nulle autre pareille, en effet, comme on dit vulgairement il n'y a pas photo!

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  2. Encore bravo... J'ai envoyer d'envoyer votre article à tous mes faux amis bobos-gauchos et conformistes en signe d'adieu mais pas tout de suite j'ai encore besoin d'eux.

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