lundi 14 janvier 2013

Anthropophobie

Il faut toujours écouter les donneurs de leçons. Attentivement. Religieusement. Les observer calmement exalter l’humanisme, la solidarité, la tolérance, le respect, la gentillesse, l’ouverture d’esprit, l’amour de la diversité, et tout le charabia du philanthrope breveté… Puis, une fois imprégné de cet éloge implicite d’eux-mêmes, aller voir ce qu’ils font. Concrètement. Au-delà des mots. Lister leurs méfaits, recenser leurs destructions, inventorier leurs ravages. Et se demander quand, dans la longue nuisance à laquelle se résume leur vie, ils mettent en pratique leurs magnifiques principes. La réponse vient très vite : jamais. C’est d’ailleurs un signe qui ne trompe pas, un efficace révélateur de crapulerie : lorsque vous entendez quelqu’un faire l’éloge des grandes valeurs, glorifier les droits de l’homme, clamer son amour de l’humanité et multiplier les déclarations d’altruisme et de tolérance, vous pouvez être certain que vous avez affaire à un fumier.
Cette règle se vérifie de manière particulièrement lumineuse avec le débat actuel sur le mariage pour tous. Quoi qu’en disent les médias aveugles, il y a en effet bien plus impressionnant que le cortège des opposants : c’est celui des tartuffes égalitaires, des charlatans de la tolérance, des humanistes postiches, des artistes engagés et autres bouffons philanthropes qui paradent sur les plateaux-télé en s’extasiant de leur ouverture d’esprit et persuadés, en soutenant le mariage homosexuel, de mener le combat héroïque du progressisme radieux contre l’obscurantisme le plus rance. Sauf que leur combat, en l’occurrence, c’est contre l’humanité qu’ils le mènent. Contre l’anthropos. Ces grands novateurs, d’une subtilité d’analyse à toute épreuve, accusent originalement leurs adversaires d’homophobie. Et personne ne pense jamais à leur répondre que la haine qui les ronge, eux, est bien plus grave, bien plus générale, bien plus essentielle que cela : ils sont anthropophobes. En refusant l’évidence de la différence sexuelle, en niant le rôle décisif joué par celle-ci dans le développement psychique et intellectuel de l’enfant, en luttant farouchement contre les déterminants génétiques, biologiques et anthropologiques de l’être humain, c’est à l’essence même de l’Homme qu’ils s’attaquent. Aux racines les plus profondes d’anthropos. Et ils voudraient faire croire qu’ils sont philanthropes. La bonne blague.
Remarquez, par exemple, qu’on n’entend jamais ces grands amoureux du genre humain évoquer ce qui est pourtant le seul enjeu dans cette affaire : le devenir d’un enfant élevé par un couple homosexuel. Personne pour parler des ravages psychiques engendrés par l’impossibilité pour l’enfant d’identifier chez ses parents la différence des sexes. Personne pour parler de l’indifférenciation comme entrave majeure au développement intellectuel. Des dangers inouïs auxquels l’enfance se retrouvera exposée quand cette merveilleuse loi sera passée (car il ne fait aucun doute qu’elle passera, menant ipso facto à l’adoption par les homosexuels), il n’est jamais rien dit. Quand le pitre Peillon semble enfin découvrir la notion d’intérêt de l’enfant, c’est pour s’inquiéter de ce que la terrifiante, l’abominable, la terriblement malsaine Eglise catholique pourrait les « prendre en otage » dans les écoles. Les influencer. Les intimider. Les endoctriner. On pourrait être cruel et faire remarquer à cet exemplaire ministre de l’éducation que l’intérêt de l’enfant ne semblait pas tant le tarauder quand il pesait les bienfaits de la légalisation du cannabis…
Mais soyons indulgent, et encourageons cette providentielle prise de conscience de l’intérêt de l’enfant : en poussant son cervelet dans ses ultimes retranchements, notre humaniste en herbe s’apercevra peut-être que si prise d’otage il y a, elle réside dans la carte blanche donnée aux associations communautaristes pour venir répandre leur catéchisme de timbrés dans les salles de classe. Rappelons en effet que la très toxique et déjà oubliée Najat Vallaud Belkacem, comique troupière au ministère des droits des femmes (l’existence d’un tel ministère mériterait d’ailleurs un ample développement ravageur), expliquait récemment au JDD son plan de lutte contre le sexisme dans les manuels scolaires, d’apprentissage de l’égalité dès la maternelle (grâce à un programme expérimental intitulé « ABCD de l’égalité », comme elle l’expliquait très gravement et donc très comiquement), de déconstruction des stéréotypes et autres âneries pour bobos désœuvrés. Elle déclarait que « les associations sont les mieux placées pour faire ce type de prévention », et qu’en conséquence, « les établissements scolaires doivent leur ouvrir davantage leur portes ». Puis elle concluait autoritairement : « Nous y veillerons ».
Que de réjouissances ! Dès la maternelle, donc, les enfants seront pris en charge par les associations ! D’une neutralité irréprochable, ces associations ! Pas du tout idéologisées, elles ! Hautement représentatives, elles (contrairement à la religion qui a donné naissance à notre civilisation, et qui est aussi la plus pratiquée au monde). Ne développant pas une conception partisane des grands sujets de notre temps, elles. Ne cherchant pas du tout à endoctriner, elles. Ni à influencer. Ni à intimider.
Ce n’est bien sûr pas violer les consciences que de confier l’éducation des enfants à des associations gays et féministes. Ce n’est pas, ça, donner des pouvoirs exorbitants à des minorités fanatisées. Ni contrevenir à l’exigence de neutralité. Ce n’est surtout pas embrigader les enfants, ça. Mais c’est, sans aucun doute, respecter leur liberté de conscience. Il faudrait vraiment être paranoïaque pour parler d’endoctrinement à propos de l’enseignement imposé de la théorie du genre. Et carrément fou pour voir du dressage idéologique dans la bénédiction officielle, par les plus hautes autorités, des délires anthropologiques de quelques désaxés.
On attend en tout cas avec impatience les résultats de l’enseignement de ces nouveaux évangiles anthropophobes. Pour qu’enfin les masques tombent. Pour que la haine de ces prétendus philanthropes éclate au grand jour. Pour que tout le monde comprenne que les discours sirupeux de ces humanistes autoproclamés ne servaient qu’à couvrir le développement d’une barbarie inouïe. Il est hélas à craindre que, pas plus que par le passé, la clairvoyance ne soit au rendez-vous pour tirer les enseignements de cette énième escroquerie.

4 commentaires:

  1. A mon(humble)avis,l'adjectif "anthropophobe" est promis a un bel avenir ! L'ensemble de l'article est fort bien vu, et puis, mazette, quel style !
    Donc voila, le prochain qui me branche sur le mariage homo et me traite d'homophobe, je m'en vais le traiter, moi aussi. D'anthropophobe.
    Encore bravo, et merci.

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  2. Bravo, bien envoyé !
    J'attends votre prochain article avec impatience.
    Voici quelques sujets en vrac : la police ne sait plus compter (13 janvier), les médias ne sont pas neutres mais prosélyte, nos étudiants filent à l'anglaise...
    Merci.

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  3. Dans le genre donneur de leçons, t'es pas mal aussi: ton catéchisme sur les ravages psychiques des enfants élevés par les homos, ça fleure bon la haine et le prêt à penser que tu reproches aux autres. D'ailleurs tu sembles bien placé pour expliquer les ravages psychiques: pour en étaler autant tu dois t'entrainer toute la journée et prendre des cours du soir. Il n'y a que deux solutions: soit tu as toi-même été élevé par un couple homo et tu as donc cent fois raison. Soit tu as été élevé par un couple hétéro, et ce n'est donc pas une garantie pour échapper à tous les maux de la civilisation à commencer par la haine et la connerie humaine dont tu fais un brillant numéro d'intellectualisation. Mais une merde même emballé dans du papier cadeau, ça restera touours une merde.

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  4. « anthropophagous le socialisteuuh l'homme qui se mange lui-même»:un fort ancien film,jamais vu je crois,dit film d'horreur!
    Les insultes sont les mots de ceux qui ont tort.
    Domdu55.

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